Facebook, un univers complexe

L’inscription sur Facebook est très facile, cela ne prend que quelques secondes. Mais après cette toute première étape ça se complique singulièrement. Dans un premier temps je me suis sérieusement demandée si je n’étais pas « dépassée », pour ne pas dire « has been » ! Ce qui pouvait expliquer ma difficulté à comprendre le fonctionnement de ce site. Heureusement pour moi, j’ai lu dans un magazine qui me parait sérieux, très professionnel en tout cas, Social Life, que « Facebook est un site complexe dans lequel il est très facile de se perdre ». Heureusement encore pour moi, j’ai été guidée par deux utilisatrices de ce réseau social, très pédagogues, et qui ont su déployer tout leur trésor de patience avec la séniore que je suis.

Alors, tout en découvrant l’univers de Facebook j’ai essayé d’être attentive à mes impressions et aux réactions spontanées que cette nouvelle expérience m’a procurées.

J’ai vu par exemple des têtes s’afficher avec leur nom. Un véritable trombinoscope. Oui, oui je sais que le nom du site est inspiré des photos d’élèves prises en début d’année scolaire. Quoi qu’il en soit, j’ai aperçu des visages familiers, d’autres qui l’étaient beaucoup moins, d’autres enfin que je ne connaissais aucunement. Ma réaction a été celle de quelqu’un qui croise une personne dans la rue et croit la reconnaitre : « Tiens mais je le(la) connait celui(celle)là. C’est un sentiment très agréable de « reconnaître » et d’espérer en retour « être reconnu ». Il m’a semblé que toutes ces personnes souhaitaient entrer en contact avec moi avant que je ne comprenne que Facebook les avait sélectionnées pour moi et me les proposait comme « amis ».

Amis ? Là, mes repères habituels sont malmenés, ils deviennent troubles. Vite, je m’empare de mon Petit Larousse : « Ami : Personne pour laquelle on a de l’amitié, de l’affection, ou avec laquelle on a des affinités ». Bien évidemment, je m’empresse de jeter un œil un peu plus bas dans la page du dictionnaire pour trouver la signification du mot « amitié » : « Sentiment d’affection, de sympathie quune personne éprouve pour une autre ; ce lien, généralement réciproque. » Visiblement la définition qu’en donne Facebook n’est pas la même : « Amis : sont des personnes avec qui vous êtes en contact et avec lesquelles vous échangez sur Facebook ». J’observe un glissement de sens et je me demande si c’est très clair pour tous les internautes inscrits sur ce réseau social.

Ensuite (autre glissement de sens) on me dit : « ça c’est ton mur« . Moi j’ai l’image des murs de mon bureau que je viens de repeindre, j’ai aussi en mémoire les murs de ma chambre d’adolescente, mais « mur » pour Facebook, je ne vois pas à quoi ça correspond (si vous vous posez ce genre de questions, dites-le moi, ça me rassurera). Sachez en tout cas que Facebook a tout prévu. Il suffit de consulter la page « glossaire des termes » pour avoir accès aux définitions souhaitées : « Votre mur est un espace sur votre profil où vos amis et vous pouvez publier ou échanger du contenu ». Il suffisait de le dire ! Et qu’entend-on par « profil », par « journal ». Tout cela est assez confus pour moi. Je vais continuer à consulter le glossaire des termes !

Je repère également des suggestions d’un Facebook très désireux de m’aider à faire progresser ma notoriété. « Franchissez le prochain pallier. Mettez votre page en avant pour atteindre 100 j’aime ». Je clique donc comme on me l’indique sur « promouvoir une page ». Ici s’arrête la gratuité, On me propose plusieurs tarifs. Admettons que je table sur un budget de 7 € par jour, cela me parait une somme modique, abordable,  jusqu’à ce que je calcule combien il m’en coûtera au mois ou à l’année (210 €/mois, 2 555 €/an) ! Non, sans façon, je préfère miser sur les lecteurs et visiteurs bienveillants que vous êtes et qui auront à cœur de me « liker » !

Cela dit, j’ai décidé de poursuivre l’expérience et d’examiner la manière dont il est possible de se saisir d’un tel service de façon constructive sans se laisser piéger par les stratégies marketing qui se développent sur ce réseau social. Si, comme l’affirme le philosophe Bernard Steigler, les médias d’aujourd’hui sont « le bras armé du marketing » il ne tient qu’à nous d’en faire autre chose, de nous situer dans un « art de faire » (Michel de Certeau) inventif et perspicace. Rêvons un peu, c’est peut-être possible.

Michel de Certeau : l’invention du quotidien, 1 : Arts de faire – Gallimard 1990.

Un commentaire sur « Mes premiers pas sur Facebook »

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s