Les discours c’est bien mais concrètement, lorsqu’on est parent, comment s’y prend-t-on pour faire en sorte que les enfants ne pâtissent pas des médias et notamment des écrans qui se font de plus en plus nombreux ? C’est là une question qui m’est souvent adressée. Je vais essayer de ne pas me dérober, bien que cela ne soit pas aussi facile qu’on pourrait le penser d’y apporter une réponse claire tant est grand le risque de simplification excessive. Les dix risques identifiés ci-dessous se verront traités séparément au cours des prochains articles.

Vous le savez comme moi, dans ce domaine, comme dans d’autres, il n’y a pas de recette, pas plus qu’il n’existe de règle absolue et intangible. A tout le moins, nous devrions pouvoir compter sur le bon sens de chacun. Hélas, ce bon sens est mis à mal par la multiplication des technologies de l’information et de la communication, par un marché racoleur qui les fait désirer et finit par les imposer, par des stratégies marketing savantes qui, avec la pression publicitaire en arrive à programmer des comportements de consommation à l’insu parfois de ceux qui les adopte.

Lorsque nous sommes parents ou que nous avons un rôle éducatif auprès des enfants et des adolescents, nous nous posons normalement la question de savoir ce qui est bon pour eux. Il n’y a pas de raison que les médias échappent à cette préoccupation. L’éducation est un tout, ce sont les parents qui sont en première ligne pour l’assurer, même si le relais peut être pris par les professionnels de la petite enfance (assistantes maternelles, crèches, etc.) puis, à partir d’un certain âge, par l’école et les centres sportifs ou de loisir.

En général, en tant que parent, nous souhaitons qu’existe une cohérence entre les différents intervenants de l’éducation. Cependant, dès lors que les enfants sont exposés aux médias d’autres acteurs de l’espace social, moins facilement identifiables, interfèrent dans cette éducation.

La rencontre des médias et des enfants comporte des risques. Cette affirmation n’exclut pas les bienfaits éventuels qu’elle peut procurer. Ce n’est ni dramatiser ni diaboliser de le reconnaître, c’est tout simplement faire preuve de lucidité. L’attitude éducative n’implique-t-elle pas en effet lucidité et circonspection ? Une fois ces risques identifiés, il est plus aisé d’entrevoir la manière dont parents et enfants peuvent tirer un parti bénéfique des médias dits classiques et des technologies numériques.

Ces risques sont, au moins, au nombre de dix :

1)       Il y a risque si l’enfant est placé devant les écrans trop précocement, c’est-à-dire avant l’âge de trois ans ;

2)       Il y a risque si les matériels et les contenus ne sont pas adaptés à l’âge des enfants ;

3)      Il y a risque si l’enfant passe trop de temps consécutif devant l’écran ;

4)       Il y a risque s’il y revient trop souvent ;

5)        Il y a risque lorsque les écrans sont nombreux dans l’univers familial ;

6)        Il y a risque si l’enfant dispose d’ordinateur, de télévision ou de tablette connectable dans sa chambre ;

7)        Il y a risque si ses rythmes biologiques ne sont pas respectés (sommeil, repas,…) ;

8)        Il y a risque lorsque les parents ne prêtent pas suffisamment attention à l’exemple qu’ils donnent en matière d’usage des médias et technologies numériques ;

9)        Il y a risque si l’enfant n’est pas accompagné ;

10)        Il y a risque si l’usage des écrans se fait sans préparation, sans avertissement, sans cadre et sans échanges ;

C’est pourquoi, avant toute chose posons-nous et reposons-nous inlassablement ces questions :

Quelle vie familiale souhaitons-nous ? Quelles relations entre parents et enfants ? Quelles relations intergénérationnelles ? Quelle transmission de valeurs ? Quel horizon d’avenir pour nos enfants ?

Ensuite, et avant de procéder à l’achat de tel ou tel matériel (super sophistiqué !), de telle ou telle offre (super avantageuse !) nous aurons à répondre à d’autres questions ;

  • A qui cela sera-t-il destiné ?
  • pour quel usage ?
  • s’il s’agit d’un écran : quelle place physique lui sera attribuée dans la maison ou l’appartement ?
  • Est-ce adapté à l’âge de mon enfant ? (la préconisation officielle parfois indiquée ne correspond pas toujours nécessairement à votre point de vue ou à l’avis des spécialistes de l’enfance) ;
  • Quel cadre vais-je mettre en place pour une utilisation avisée ?
  • Quelle utilisation aurais-je moi-même en tant que parent (de ma tablette numérique, de mon Smartphone de mon ordinateur portable… ?

Les réponses que vous allez apporter à ces questions sont essentielles car votre attitude générale envers les médias et les écrans numériques vont directement impacter l’atmosphère familiale, vos relations avec vos enfants, leurs comportements, leurs centres d’intérêt, leur développement psychomoteur, cognitif, psychoaffectif, etc.

Et n’oublions pas que les bons plis se prennent dès la petite enfance !


[1] La tendance actuelle est de ne parler que des écrans. La presse, la radio, les affiches publicitaires, etc. font aussi partie de l’environnement des enfants, sans oublier le cinéma qui est une forme d’écran trop peu souvent prise en compte.

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