Du mésusage des écrans chez les enfants et les adolescents

La revue à comité de lecture des Sciences de l’information et de la communication MEI (Médiation Et Information) vient de sortir un numéro intitulé Santé publique et communication.

Vous y trouverez un article sur les conséquences sanitaires d’un mésusage des écrans chez les enfants et les adolescents  : « Le mésusage des écrans chez les enfants et les adolescents : l’éclairage d’une enquête qualitative auprès des professionnels de l’enfance et de l’adolescence »

N’hésitez pas à vous le procurer !

Éditions l’Harmattan juillet 2018.

Vous avez un smartphone ? Alors lisez ce livre !

Voici un livre que tous les possesseurs de smartphone devraient lire !

Le smartphone a  su se rendre utile et indispensable à tel point que nous n’envisageons plus nous en séparer. Mais le connaissons-nous autant qu’il nous connaît ?

Comment se fait-il d’ailleurs que nous acceptions de lui livrer aussi facilement une grande partie de notre vie : nos conversations , nos correspondances privées et professionnelles, nos photographies, nos vidéos, nos aides-mémoire, nos rendez-vous, etc.

L’auteur du « Troisième cerveau » nous invite à découvrir sous un nouveau jour ce petit appareil, si près de nous et si peu anodin.

Le troisième cerveau. Petite phénoménologie du smartphone. Pierre-Marc de Biasi – CNRS éditions -Septembre 2018 – 265 pages.

 

Les 0-6 ans et les écrans : à Rennes une expérience innovante

Le programme Réussite Éducative de la ville de Rennes (Ille-et-Vilaine), sensible à la place prise par les écrans dans les familles, a souhaité conduire une action d’information auprès des parents, orientée vers les 0-6 ans.

Un partenariat avec une école maternelle (l’École des Gantelles)  s’est mis en place, soutenu par une démarche plus large auprès de la population pensée en amont entre l’animateur responsable du projet et des professionnels (spécialiste de la question des écrans, éducatrice de jeunes enfants…).

Lorsque l’on souhaite informer sur les rapports enfants-écrans, il n’est pas rare d’organiser des conférences ou des soirées-débats. Cela ne manque certes pas d’intérêt. Néanmoins, le projet s’est d’emblée établi sur un autre positionnement. La volonté initiale de l’équipe du programme Réussite Éducative est de rester proche de la population. C’est la raison pour laquelle les parents ont été invités à différentes rencontres appelées « causeries ».

Or, plutôt que de commencer par aborder la question des écrans, il s’est avéré plus judicieux de se référer aux besoins du tout-petit. Ce fut le thème d’une première causerie animée par une éducatrice de jeunes enfants.

C’est seulement ensuite, lors d’une seconde causerie, que l’usage des écrans chez les 0-6 ans s’est posé à travers toute une série de questions. Ces écrans répondent-ils vraiment aux besoins de mon enfant ? Quelles sont les compétences requises pour être exposé aux écrans ? A quel âge acquiert-on ces compétences ? Pourquoi commercialise-t-on des matériels et applications dits destinés aux jeunes enfants ? Avec quels arguments commerciaux ? etc.

Une troisième causerie sur le décryptage de la publicité a été animée par une maman qui, l’année précédente, avait bénéficié d’une formation dans un autre quartier rennais.

En parallèle, les enfants de l’école maternelle ont participé à différentes activités avec leur enseignante autour des écrans, notamment la réalisation de dessins. Cette enseignante a également reçu les parents dans sa classe afin d’échanger avec eux sur l’intérêt et les limites de la tablette numérique en dernière section de maternelle.

Un forum final ouvert à tous a permis de retracer le chemin parcouru, de rappeler les grandes idées développées, d’exposer les dessins des enfants et de prolonger les échanges.

Enfin, il est apparu essentiel à l’équipe animatrice de fournir un document écrit reprenant de manière synthétique les grandes lignes des réflexions développées tout au long du parcours. Un livret a ainsi été distribué le jour du forum et reste disponible sur le site Edu@rennes.

L’intérêt de cette expérience innovante est non seulement que cela a permis aux parents d’échanger entre eux, d’acquérir des informations et des connaissances, mais aussi de s’approprier ou de se réapproprier pleinement leur rôle ainsi que le plaisir d’être en relation avec leur enfant, et de faire des choses ensemble (voir les activités proposées à la fin du livret). N’est-ce pas le plus important ?

« Les impacts des écrans sur la jeunesse : un enjeu majeur de santé publique »

Le colloque que je vous avais récemment annoncé a bien eu lieu. Ce sont environ 150 personnes qui se sont retrouvées pour réfléchir aux conséquences de l’envahissement des écrans dans la vie des enfants et des adolescents.

Organisé conjointement entre l’association ALERTE et EDUPAX, il a donné la parole à plusieurs intervenants. Les contributions de Linda Pagani[1] et de Daniel Marcelli[2] ont été très appréciées. Ils confirment l’émergence de nouveaux troubles développementaux associés à un mauvais usage des écrans (exposition aux écrans de manière trop précoce, temps excessif passé avec ou devant l’écran, surstimulation audiovisuelle). Ils attestent également des répercussions délétères qui s’ensuivent à l’adolescence.

L’apport du professeur Alain Bentolila a concerné plus précisément la place des écrans numériques dans les apprentissages scolaires. Joël Hillion nous a entretenu quant à lui de l’empathie de plus en plus contrariée par l’excès d’écrans.

Pour ma part, j’ai pu présenter les premiers résultats d’une enquête réalisée auprès des professionnels et praticiens de l’enfance et de l’adolescence dans 12 départements français. Ce qui a donné lieu à un article signé de Pascale Santi, paru aujourd’hui même dans Le monde « Cahier sciences et médecine ». Voir Le Monde Sciences et Médecine 09 05 18 : « Linquiétude monte face à l’impact des écrans sur les plus jeunes ».

Les défis sans écrans continuent leur progression en France, mobilisant petits et grands, enseignants, élus municipaux et divers acteurs locaux. Ceux qui en témoignent disent la dynamique que cela produit dans la population locale. Moins d’écrans, c’est en effet plus d’échanges en famille, plus d’activités alternatives au sein du foyer et à l’extérieur, et le retour à la créativité individuelle et collective.

La diversité des approches proposées a fortement contribué à la richesse de cette journée.

 

[1] Linda Pagani est professeure titulaire à l’École de psychoéducation et chercheure au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine de l’Université de Montréal

[2] Daniel Marcelli est pédopsychiatre, président de l’Association française de psychiatrie de l’enfance et de l’adolescence et disciplines associées (sfpeada)

Un colloque pour penser la réduction du temps écran

Les séquelles qui résultent d’une surexposition aux écrans sont trop importantes chez les enfants qui en font les frais pour que nous les ignorions.

Tout doit être mis en œuvre pour réduire le temps d’écran.

L’association ALERTE ÉCRANS organise en association avec EDUPAX un colloque le 5 mai 2018 à Paris (19e). « Les impacts des écrans sur la jeunesse : ENJEU MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE »

Des chercheur(e)s, professionnels et autres experts de l’enfance y participeront pour partager les résultats de leurs travaux, études et observations.

Ce sera également l’occasion d’envisager les moyens concrets à notre portée pour engager enfants et adultes dans une réduction sensible des écrans (hors activité professionnelle) par :

  • le Défi sans écrans
  • L’information et la formation, afin d’apprendre à décrypter le monde numérique qui nous entoure
  • Et toute autre initiative qui irait dans le sens d’une plus grande maitrise des écrans dans notre quotidien

Alors, n’hésitez pas, inscrivez-vous : ici !

Formations : animer des rencontres de parents autour des écrans

Trois sessions de formation de deux jours, organisées dans le cadre d’un partenariat UDAF-CAF 26, se sont déroulées du 4 au 12 décembre 2017 à Montélimar, Valence et Romans-sur-Isère. L’objectif était d’apporter aux participants une réflexion théorique, des outils et des référence, de manière à ce qu’ils soient en mesure d’accompagner les parents dans leur rôle éducatif vis-à-vis des enfants par rapport aux écrans.

Au cours du tour de table de début de formation, les participants ont été invités à se présenter et à exprimer leurs besoins. Beaucoup d’entre eux ont souligné le désarroi des parents face aux écrans et leurs difficultés à instaurer des limites dans leur utilisation. L’aspiration des uns et des autres à être mieux formés et à recevoir des outils était très perceptible.

Le tour de table de fin de formation pour chacun des groupes s’est révélé très positif. Les participants ont beaucoup apprécié les échanges très nombreux « j’ai apprécié le groupe, les échanges ». Ils ont été intéressés par la formation « très construite », pour la richesse de son contenu, pour les références transmises, pour les supports utilisés. Certaines personnes émettent le désir de mise en place d’une troisième journée pour travailler sur des outils pédagogiques ou pour renforcer les acquis de cette formation. Dans l’ensemble ils se sentent plus outillés pour intervenir auprès des parents « Je devrais pouvoir animer des rencontres » avance une participante. Des idées d’animation ou d’activités ont émergé : spectacles, ateliers dans des collèges, passer par des ateliers manuels pour pouvoir accrocher les familles, toucher la famille élargie (tontons, tatas, grands-parents), mettre cela dans un projet à plus long terme, les temps ponctuels ne sont pas suffisants.

Quelques réflexions :

« Très intéressant, ça a changé mon regard… »

« Beaucoup aimé les échanges… passer par l’historique, le décryptage des images. Je ne verrai plus les images de la même façon ».

« Beaucoup apprécié ces deux journées, envie d’aller plus loin »

« J’avais déjà fait une formation, c’est très complémentaire, celle-ci beaucoup plus en profondeur »

« J’ai appris plein de choses, riche pour travailler en individuel avec les jeunes et pour transmettre de manière collective »

« Ai apprécié l’usage des supports visuels pour déconstruire »

« Ça confirme le besoin de partage »

«  Vous donnez des pistes, mais chacun doit trouver les bons supports »

« Beaucoup de références, surprise d’être aussi à côté de la plaque, les soirées-débats ça ne suffit pas »

« Pas mal d’outils, faut que ça chemine »

Cette formation arrivait à point nommé dans une démarche de professionnels confrontés à la question des écrans et désireux d’intervenir de manière constructive auprès des parents. Les besoins d’échanges et d’acquisition de compétences dans ce domaine sont massifs.

L’activité physique est nécessaire aux enfants !

« Le cœur des enfants est en danger » s’inquiète la Fédération française de cardiologie

Selon le Professeur François Carré, cardiologue au CHRU de Rennes :

“En 1971, un collégien courait 600 mètres en 3 minutes, en 2013 pour cette même distance, il lui en faut 4 ! ”

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Découvrir le clip vidéo

Alors mettons, pendant un temps, les écrans au placard pour permettre aux enfants de jouer, danser, sauter, crapahuter, courir et vivre pleinement leur vie !

Dessin de Maya 8 ans

 

Et pourquoi pas nous ?

Délaissons momentanément notre ordinateur, posons nos lunettes et allons prendre l’air avec eux !