Espace « ATELIER DE DÉCRYPTAGE »

Centre social Maurepas

Un centre social de Rennes innove. Il propose aux habitants, des ateliers de décryptage des images audiovisuelles et des contenus numériques.

Cet atelier a pour mission de réfléchir à l’univers des écrans fréquentés par les enfants. Ensemble nous apprenons à analyser les contenus médiatiques à travers des études de cas.

Atelier décryptage 20170308_114711

Élise, Michèle, Thibault, Vone, Laetitia, Hélène et Émilie vous proposent la première analyse qu’ils ont réalisée.

 

DES ÉCRANS ATTACHES AUX ENFANTS !

Proposition d’analyse de deux spots publicitaires pour la marque Vtech

Depuis plusieurs années déjà les médias s’adressent aux enfants. Des supports audiovisuels apparaissent à présent qui leur sont spécifiquement destinés (tablettes, consoles, téléviseurs avec un design enfant, etc.). Or, il semblerait que face à la remise en question de cette omniprésence de l’écran dans la vie de nos enfants, les fabricants aient trouvé une réponse par la création de nouveaux produits savamment mis en publicité.

À travers une analyse de deux spots publicitaires de la marque VTech, l’un pour une montre, l’autre ventant les fonctions d’un portable pour enfants, nous verrons quels sont les arguments explicites et implicites employés dans le but de contrecarrer une éventuelle mise en doute du bénéfice de ces produits. Dans un second temps, nous nous attacherons à étudier les formes du discours publicitaire lorsqu’il s’adresse à un jeune public de consommateurs ayant un pouvoir persuasif sur l’acte d’achat au sein du foyer.  Cette réflexion nous mènera enfin à employer la métaphore du cheval de Troie face au constat d’une invasion des écrans dans l’espace de vie des enfants déguisés en cadeau ludo-éducatif apparemment exempt de toute nocivité[1].

I] Une stratégie d’anticipation par un renversement  de la réalité

Les concepteurs de publicités se seraient-ils approprié l’adage : « La meilleure défense c’est l’attaque » ?  Au regard de ces deux spots, il semblerait que tel est le cas. En visualisant cette publicité  avec attention, nous constatons qu’elle est bâtie sur une anticipation des critiques couramment émises quant à l’usage de ces objets par les enfants.

En effet, quels torts, voire préjudices les parents et professionnels (pédopsychiatres, professionnels de la petite enfance, orthophonistes, etc.) imputent-ils habituellement aux écrans ?

  • La passivité, le défaut, voire l’absence d’activité physique, ainsi que l’enfermement, sont sans doute les premiers  effets que l’on peut constater chez les jeunes ayant un usage excessif des écrans.

Or, le  cadre dans lequel sont  tournés ces  spots n’est bien entendu pas le fruit du hasard, il est la représentation inverse du phénomène décrié. Il s’agit d’une scène d’extérieur lors d’une journée ensoleillée avec en toile de fond un ciel bleu et un paysage verdoyant. Des enfants courent, grimpent, escaladent des jeux, font la course, sautent de joie et sont assurément débordants de vitalité.

Dans la publicité pour le portable le premier plan présente quatre enfants symétriquement alignés : un garçon, une fille, un garçon une fille. Leurs vêtements rappellent les codes couleur du produit, une façon visuelle de représenter  l’harmonie, l’équilibre et le bien-être.

  • Le repli sur soi et une communication familiale parasitée

La publicité pour les enfants met en scène un groupe d’enfants assis en cercle, se lançant des regards complices. La stratégie de communication vise à insister sur l’épanouissement social des enfants.

  • Un déficit dans les apprentissages

La tablette DIGICO est présentée comme une console  ludo-éducative. De plus, sur la page Internet de la marque Vtech les produits sont dits éducatifs : des jeux et jouets mixant subtilement l’éducatif et le fun, fondés sur le leitmotiv « Apprendre en s’amusant »  et surtout s’adressant aux parents soucieux du développement et de l’éveil de leur enfant.

  • Des problèmes de sécurité quant à l’accès à Interne

L’absence de sécurité et de fiabilité est un des reproches imputés aux objets connectés. Ce problème est ici totalement éludé : « Le plus SMART des portables ! Pas besoin d’abonnement, votre enfant échange – en wifi – des messages écrits ou vocaux, des photos, des dessins avec sa famille ou ses amis, et ceci de façon 100% sécurisée. »

II] Le message publicitaire : un dialogue entre pairs

Les publicités analysées s’adressent aux enfants à travers un vocabulaire qui leur est propre. Notons tout d’abord la voix off qui est celle d’un enfant ainsi que l’interpellation : « Eh, les copains, v’nez voir ! On prend des photos trop drôles et des vidéos trop cool. Et surtout on peut s’envoyer des messages. Plus besoin du portable des parents. On joue avec nos jeux, on écoute, notre musique, on regarde nos films. Super ! C’est trop stylé.  Avec Digigo on fait comme les grands » . « Quidizoom, mains en l’air, montre c’que tu sais faire : Qu’est-ce qu’on fait ? KIDIZOOMER ! ».

L’absence d’adulte, parents et autres enseignants est éloquente, ils n’ont pas de place ici. Ils sont devenus inutiles dans la transmission des savoirs ludiques et éducatifs. Le seul cadre (encadrement) est celui de l’écran et de ce que la source émettrice y véhicule.

III] Le cheval de Troie

Comment introduire des écrans sans en avoir l’air, sous prétexte d’éveiller les enfants et  de stimuler leurs apprentissages ? Les annonceurs et leurs intermédiaires ont compris qu’en métamorphosant un objet traditionnel[2], en l’occurrence la montre accrochée au poignet, l’enfant n’aura plus à se déconnecter. L’écran numérique est désormais greffé au corps, sous l’apparence d’une montre, véritable couteau suisse technologique, attaché au poignet ! Un objet dont la fonction initiale, donner l’heure, est reléguée à un simple accessoire, supplanté par d’autres fonctions plus attractives : «  pour faire des photos, des jeux, un film et… l’heure ».

Conclusion

En apparence, l’annonceur est parvenu à faire tomber les arguments qui militent en faveur d’un éloignement des écrans. Il faut espérer cependant que le consommateur averti ne tombera pas dans le piège. Que suppose en effet la possession par l’enfant d’une montre-écran ? Qu’en sera-t-il alors des devoirs, de la déconnexion pendant les repas, de la lecture ou d’autres activités créatrices ? Par ailleurs, rappelons qu’une image se laisse deviner à travers ce qu’elle dit et ce qu’elle montre, mais également à travers ce qu’elle tait. Qu’en est-il par exemple de l’exposition des enfants aux ondes électromagnétiques ? Que représente le coût de tels objets pour les familles ?

La publicité vise à séduire et à encourager le consommateur à l’acte d’achat. Son discours persuasif et son but mercantile nécessitent, de la part du consommateur, d’être en mesure d’exercer son discernement et son libre arbitre. C’est pourquoi l’apprentissage de la lecture des images est tout à fait  fondamental.

 

[1] Montre pour enfant : Kidizoom Smartwatch DX de Vtech

https://www.youtube.com/watch?v=V0OWyBKBzXY

Portable pour enfant : DigiGo de VTech

https://www.youtube.com/watch?v=REzuSVqgzLo

[2] L’aspect jeu traditionnel est d’ailleurs subrepticement  renforcé par la présence de bulle, balançoires, vélos…

 

Les jeunes et les médias au Sénégal : rencontres (2)

Les préoccupations des adultes relatives à l’exposition des enfants et des adolescents aux écrans ne concernent pas seulement les pays occidentaux. Elles sont partagées par tous dès lors que les technologies numériques d’information et de communication se présentent comme incontournables, garantes de modernité, dans une économie mondialisée.

 

21e causerie NYARA « Familles, jeunes et médias »

Au Sénégal, si la radio et la télévision demeurent les médias dominants, le smartphone semble progresser très rapidement, suivi par la tablette numérique et autre ordinateur. De ce fait, et parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets, des questions émergent, teintées parfois d’inquiétude. « A la maison, chacun à son écran, on ne se parle plus »; « Mon enfant a vu un dessin animé qui heurte nos propres valeurs de parents »; Les enfants regardent la télévision trop tard le soir alors qu’ils doivent se lever très tôt le lendemain pour aller à l’école »; « Je crains la force du marketing en direction des enfants, je voudrais en protéger ma fille », etc. Ce sont, en substance, les propos que l’on entend de part et d’autre.

On le voit, les échanges entre parents, entres jeunes, sont essentiels, car ils favorisent une ouverture vers la verbalisation des questionnements, des craintes, des émotions., c’est pourquoi toutes les initiatives de rencontres sur ces sujets sont si importantes. Ensuite le partage d’information, de connaissances permet d’éclairer les esprits et de donner du sens aux attitudes éducatives qui s’ensuivent.

Remercions ici Aïcha de Nyara à Dakar et Seynabou de la communauté de mamans du Sénégal pour leur dynamisme et leurs démarches positives et constructives. Ces rencontres sont tellement stimulantes et  si enrichissantes !

« Familles, jeunes et médias » : consulter la page Facebook de Nyara, Post du 31 mars

« L’impact des écrans sur les enfants et nos familles : voir le live sur YaayTV

Les jeunes et les médias au Sénégal : rencontres (1)

Tandis que certains construisent des murs, activons-nous à ériger des ponts ! Les échanges citoyens à l’international et les relations interculturelles en constituent des exemples bénéfiques pour tous. Quant aux médias et aux technologies numériques, reconnaissons qu’elles ne connaissent pas de frontières.

Lycée Sérigne Mamadou Sérigne Mamadou Léna Diop photo.doc

Lycée Sérigne Mamadou Lena Diop – Ngaparou – SÉNÉGAL

Au Sénégal la radio et la télévision demeurent les médias les plus présents : 8 ménages sur 10 sont équipés d’une télévision. Comme ailleurs, les chaînes commerciales diffusent leurs émissions sponsorisées, supports de choix pour le placement de produits. Ces chaînes se tournent également vers les jeunes téléspectateurs à travers des émissions qui suscitent la colère de certains enseignants à l’exemple de Sen petit Gallé. Par ailleurs la télévision est parfois regardée tardivement par des enfants qui se lèvent très tôt pour aller à l’école, c’est le constat que font des professeurs de collège dont les élèves présentent des signes de fatigue.

Lycee Ngaparou

Lycée Sérigne Mamadou Lena Diop – Ngaparou – SÉNÉGAL

« Nos enfants sont, chaque jour, exposés aux contenus et à l’influence de la télévision, de jeux préformatés sur leurs tablettes, de réseaux sociaux tels que Facebook ou Skype… Sans contrôle, ni préparation, ni encadrement, encore moins de mise en lien avec nos propres valeurs » lit-on sur le site de Allo Dakar

Le taux de pénétration d’internet au Sénégal est de 37 % en milieu urbain et de 24 % en zone rurale. Néanmoins l’usage du smartphone semble se répandre de plus en plus, aussi bien chez les jeunes que chez les moins jeunes. Les connexions, lorsqu’elles ne sont pas possibles au domicile, se font dans la rue près des habitations qui disposent du wifi. C’est ainsi que l’on peut voir des petits groupes de jeunes s’agglutiner au pied de maisons, dont les habitants acceptent de partager leur connexion.

Des interventions auprès de collégiens à Dakar et à Ngaparou et les échanges qu’elles ont suscités témoignent de l’importance du téléphone portable chez ces jeunes et de l’usage des réseaux sociaux dans leur quotidien.

Les collégiens à qui l’on propose une information dans une perspective d’éducation aux médias et à l’information, se montrent très attentifs, intéressés et désireux de comprendre.


Collège CEM 19 Dakar photo 1

Collège CEM U19 – Dakar – Sénégal

Collège CEM 19 Dakar photo 3
Collège CEM U19 – Dakar – Sénégal

Le développement de l’éducation aux médias et à l’information (EMI) au Sénégal est un enjeu d’autant plus important que le taux d’analphabétisme et illettrisme touche 65 % de la population[1].

Ces nouvelles réalités ont incité le CNRA (homologue du CSA français) à se pencher sur la question en réalisant un sondage et en convoquant une journée scientifique[2]. L’éducation aux médias est désormais pensée par le CNRA comme une nécessité « pour apprendre à lire les médias, comprendre la société de l’information… »[3]

[1] Allo Dakar, Sénégal : les TV dépriment les enfants !

[2] CNRA, Protection du jeune public, Rapport annuel 2014, pp. 78-87.

[3] CNRA, Rapport annuel 2015.

Une émission de radio : les enfants et les écrans…

Le sujet intéresse, préoccupe…Il provoque parfois le désarroi chez les parents qui ne manquent pas de chercher à bien faire et les grands-parents ne sachant plus de quelle manière communiquer avec leurs chers petits-enfants.

L’émission diffusée ce matin en direct sur Radio France Bleu Armorique a donné la parole aux auditeurs et tenté d’apporter quelques éclairages pour aider chacun à gérer au mieux les écrans et à faire en sorte qu’ils n’empiètent pas trop massivement sur le quotidien.

A écouter ou ré-écouter Les Experts

Pas d’écrans pendant une semaine ? Pourquoi pas ?

Que diriez-vous de relever avec vos enfants le défi de passer une semaine sans écrans? À l’exception bien sûr des tâches professionnelles en nécessitant l’usage !

chiche

C’est ce que proposent aux jeunes lecteurs Christine Sagnier et Caroline Hesnard, auteurs d’un livre intitulé ! « Chiche ! pas d’écrans cette semaine… » édité chez Fleurus. L’histoire c’est Lola qui la raconte. Sa maîtresse propose à toute la classe de se passer d’écrans pendant une semaine. Ce qui est très amusant c’est que, à la maison, personne n’y échappe, pas même les parents et le papi de Lola !

Ce petit livre  m’a bien plu, c’est pourquoi je vous le recommande.

Et si vous avez besoin de conseils pour mettre en place un tel défi, n’hésitez pas à consulter le site de Edupax, il pourra vous être d’une grande aide !

Penser l’éducation aux médias et à l’information

Les outils numériques et leurs dispositifs se déploient dans toutes les sphères de la vie quotidienne : famille, entreprise, école… Mais qu’en est-il de l’éducation aux médias et à l’information ?  Quelles politiques ? Quels enjeux ? Quelles réalisations concrètes ? Quel avenir ?

Voici deux temps forts auxquels sont invités aussi bien les chercheurs que les formateurs, éducateurs et acteurs de la société civile intéressés par l’éducation dans un contexte numérique.

Séminaire : Pour une éducation critique aux médias en contexte numérique, deuxième saison : « Pré-Figurations / Contre-figurations »

Le champ de l’enseignement primaire et secondaire a été fortement marqué en cette rentrée 2016 par une réforme des curricula, très contestée par certains acteurs sur le terrain, et qui prévoit entre autres une place encore plus forte pour les dispositifs et outils numériques dans la pratique pédagogique. Dans l’enseignement supérieur également, les initiatives pédagogiques reposant sur une mobilisation du numérique – par exemple la mise en place de MOOC – se trouvent favorisées par des appels d’offres, encadrées par des discours d’accompagnement officiels investissant ces dispositifs et outils d’un grand nombre d’espoirs.Lire la suite

Nov./Dec. 2016 — Séminaire doctoral animé par Alexandra Saemmer et Sophie Jehel, Université Paris 8, CEMTI, dans le cadre de l’ED Sciences Sociales (ED 401).

 

Colloque : Les littératies du XXIe siècle sens dessus-dessous : périmètres, interactions, territoire

Dès ses débuts, en mars 2013, le projet TRANSLIT financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) s’est donné deux objectifs :

1/  évaluer la notion d’information dans la culture numérique à travers l’observation de situations spécifiques où apparaissent les dispositifs qui la gèrent, les compétences multiples qu’elle sollicite et les usages attendus et inattendus qu’elle génère ;

2/ repérer comment ces dispositifs, compétences et usages permettent de définir le périmètre d’une translittératie en émergence, au carrefour des sciences de la communication, de l’info-documentation et de l’informatique. Voir plus

7 et 8 novembre 2016 – Cité des Sciences/Carrefour numérique

Pour s’inscrire