Penser l’éducation aux médias et à l’information

Les outils numériques et leurs dispositifs se déploient dans toutes les sphères de la vie quotidienne : famille, entreprise, école… Mais qu’en est-il de l’éducation aux médias et à l’information ?  Quelles politiques ? Quels enjeux ? Quelles réalisations concrètes ? Quel avenir ?

Voici deux temps forts auxquels sont invités aussi bien les chercheurs que les formateurs, éducateurs et acteurs de la société civile intéressés par l’éducation dans un contexte numérique.

Séminaire : Pour une éducation critique aux médias en contexte numérique, deuxième saison : « Pré-Figurations / Contre-figurations »

Le champ de l’enseignement primaire et secondaire a été fortement marqué en cette rentrée 2016 par une réforme des curricula, très contestée par certains acteurs sur le terrain, et qui prévoit entre autres une place encore plus forte pour les dispositifs et outils numériques dans la pratique pédagogique. Dans l’enseignement supérieur également, les initiatives pédagogiques reposant sur une mobilisation du numérique – par exemple la mise en place de MOOC – se trouvent favorisées par des appels d’offres, encadrées par des discours d’accompagnement officiels investissant ces dispositifs et outils d’un grand nombre d’espoirs.Lire la suite

Nov./Dec. 2016 — Séminaire doctoral animé par Alexandra Saemmer et Sophie Jehel, Université Paris 8, CEMTI, dans le cadre de l’ED Sciences Sociales (ED 401).

 

Colloque : Les littératies du XXIe siècle sens dessus-dessous : périmètres, interactions, territoire

Dès ses débuts, en mars 2013, le projet TRANSLIT financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) s’est donné deux objectifs :

1/  évaluer la notion d’information dans la culture numérique à travers l’observation de situations spécifiques où apparaissent les dispositifs qui la gèrent, les compétences multiples qu’elle sollicite et les usages attendus et inattendus qu’elle génère ;

2/ repérer comment ces dispositifs, compétences et usages permettent de définir le périmètre d’une translittératie en émergence, au carrefour des sciences de la communication, de l’info-documentation et de l’informatique. Voir plus

7 et 8 novembre 2016 – Cité des Sciences/Carrefour numérique

Pour s’inscrire

Un Paris-Dakar pour les livres de l’amitié !

Une fois n’est pas coutume, parlons de livres. Après-tout, ne représentent-ils pas une merveilleuse alternative aux écrans, ici comme ailleurs ?

Un collège de Dakar dénommé CEM PA U19 a pris l’initiative de lancer un concours de lecture auprès de ses élèves qui, d’après leurs professeurs, lisent de moins en moins. L’objectif ? leur faire découvrir les livres, leurs auteurs et éveiller l’intérêt des collégiens pour la littérature. Seulement la bibliothèque de l’école ne comptait pas suffisamment de livres pour se lancer dans cette aventure. Ce projet méritait bien un coup de main.

DSC02550DSC02549

Quelques amis de chez nous, sensibles à cette démarche, ont réussi à organiser une belle collecte et à la leur envoyer. La bibliothèque du collège de Dakar s’est bien étoffée ! Un autre envoi est en cours.

DSC02539DSC02565DSC02563

Il semblerait que ce qui fait défaut actuellement dans cet établissement, ce sont des livres de qualité pour les enfants de 8 à 15 ans.

Si vous en disposez n’hésitez pas à vous faire connaitre via ce blog.

En attendant, les vacances sont là… Profitez-en pour faire une trêve d’écrans, troquez-les contre des livres par exemple, la lecture c’est bien aussi !

A propos de harcèlement sur le web

Je vous recommande vivement cet article de Sophie JEHEL maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8. Elle s’interroge sur l’insuffisance de la régulation face aux problèmes de harcèlement sur le web qui affectent sévèrement les adolescents.

Des faits de harcèlement sur le web émaillent régulièrement la rubrique des faits divers. Depuis les drames de Jessi Slaughter (2010) et d’Amanda Todd (2012) en Amérique du Nord, l’idée d’une mise en danger des jeunes par le harcèlement sur les réseaux sociaux est devenue un leitmotiv de la prévention sur internet et un sujet d’inquiétude pour les adolescents. Lire la suite…

Les enfants et le cinéma : oui à une classification adaptée et pertinente

AGIR POUR UNE CLASSIFICATION DES FILMS ADAPTÉE, COHÉRENTE ET RESPONSABLE

Le cinéma est un de ces domaines qui réclame toute notre attention tant la tentation est grande pour l’industrie cinématographique de faire valoir ses intérêts aux dépens de ceux des enfants.

Je vous invite à lire ce courrier adressé par l’association Enjeux E-médias à Fleur Pellerin Ministre de la culture, à propos du film La vie d’Adèle. Enjeux E-médias y rappelle l’impérieuse nécessité d’une classification des films respectueuse des étapes de développement de l’enfant. Extraits :

« […] Dans la société hypermédiatique contemporaine, une classification des œuvres cinématographiques est plus que jamais nécessaire, elle reste un pilier et une référence pour les autres médias. La commission qui l’assure réalise de ce fait une tâche complexe et exigeante. Toute classification conduite de manière éclairée et raisonnable devrait s’appuyer sur une bonne connaissance du développement psychoaffectif des enfants et des adolescents.

[…] Une classification adaptée, […] encourt en effet moins le risque d’alimenter des protestations et contestations dans les milieux traditionalistes et réactionnaires. C’est d’ailleurs pour éviter les troubles à l’ordre public, qu’une classification des films a été introduite au début du XXème siècle. A contrario, une classification autorisant de jeunes adolescents (entre 12 ans et 16 ans) à accéder à des films comportant des scènes de grande violence ou présentant des scènes de sexe non simulées est la porte ouverte à l’expression de toutes les radicalités. Seule une régulation sociale sérieuse permet d’éviter les réactions que produit l’anomie : développement de comportements rigoristes tant du côté des mouvements religieux que du côté des extrémistes politiques. »

L’éducation aux médias et à l’information : un enjeu de démocratie

Suite aux attentats de Paris, Divina Frau-Meigs, professeur des sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3, revient sur la nécessaire mise en place d’un vrai parcours EMI (éducation aux médias et à l’information).

« Après les attentats de Paris, l’importance de l’éducation aux médias et à l’information

[…] Les élèves ont besoin d’un ensemble de compétences remises à jour et étendues pour maîtriser les cultures de l’information (comme actualité, donnée, document…). Ces compétences relèvent d’apprentissages permettant de comprendre les dispositifs d’actualité, de vérifier et authentifier les sources des documents en ligne, de s’interroger sur l’agenda des opérateurs et les contraintes des plates-formes, de décrypter l’intention des messages pour en distinguer les fonctions (propagande, publicité…) et de surveiller le destin de leurs données. » Lire l’intégralité de l’article.

Voir aussi : L’éducation aux médias ne s’improvise pas

 

Est-il bon pour les bébés de jouer sur une tablette ?

NON ! répondent d’une même voix un grand nombre de professionnels de l’enfance, d’enseignants et de chercheurs dans un article paru le 14 septembre dernier dans Le Monde Science et techno.

« La tablette cause de sérieux troubles chez l’enfant lorsqu’elle devient le principal outil de stimulation ». Des effets notoires sont observés sur l’attention, le langage, la constitution de la notion de temps et de causalité, la motricité fine et globale et le graphisme.

Lire l’article ici

Lire ou relire

Des bébés devant des écrans 

Les tout petits et les écrans ne font pas bon ménage

Régulation de l’audiovisuel et liberté d’expression

Dans un article publié sur le site TELOS Sophie Jehel, maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris 8, pointe les désaccords entre l’organe de régulation qu’est le Conseil supérieur de l’audiovisuel et les professionnels de l’information. Suite à la vague de mécontentements, soulevée chez ces derniers, par les décisions du CSA prononcées à l’encontre des chaînes et radios pour leurs manquements dans la couverture des événements de janvier dernier (attentat contre Charlie Hebdo…), Sophie Jehel s’interroge : « Une régulation des médias est-elle encore possible ». Un article étayé, qui met bien en lumière les tensions entre régulation et liberté d’expression.

Les 36 décisions que le CSA a prononcées en février contre les chaînes et les radios pour des manquements à leurs obligations déontologiques dans la couverture des attentats de janvier 2015 ont suscité une levée de bouclier de la part des journalistes. Au risque de paraître corporatistes, les journalistes se sont dans leur grande majorité insurgés contre cette intrusion dans un domaine qui, selon eux, doit rester réservé aux professionnels et échapper à tout contrôle administratif. Le Monde a titré « Couverture des attentats : « que fait-on, on met un écran noir » ? », comme si la responsabilité des médias pouvait s’exprimer dans une logique binaire : soit une liberté sans imputabilité, soit la censure, le « bâillon » (SNJ), ou, pourquoi pas, « l’écran noir ».

Quelques rares voix (dont celles de journalistes) ont fait observer que les décisions du CSA restaient plus que modestes, puisqu’aucune sanction n’était véritablement prononcée malgré la gravité des faits, les décisions étant soit des mises en demeure (21) soit des mises en garde (15). Seules les premières faisaient grief, au sens juridique du terme, et elles ne permettraient au CSA de sanctionner l’opérateur qu’en cas de récidive.

Lire la suite