A propos de harcèlement sur le web

Je vous recommande vivement cet article de Sophie JEHEL maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8. Elle s’interroge sur l’insuffisance de la régulation face aux problèmes de harcèlement sur le web qui affectent sévèrement les adolescents.

Des faits de harcèlement sur le web émaillent régulièrement la rubrique des faits divers. Depuis les drames de Jessi Slaughter (2010) et d’Amanda Todd (2012) en Amérique du Nord, l’idée d’une mise en danger des jeunes par le harcèlement sur les réseaux sociaux est devenue un leitmotiv de la prévention sur internet et un sujet d’inquiétude pour les adolescents. Lire la suite…

Régulation de l’audiovisuel et liberté d’expression

Dans un article publié sur le site TELOS Sophie Jehel, maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris 8, pointe les désaccords entre l’organe de régulation qu’est le Conseil supérieur de l’audiovisuel et les professionnels de l’information. Suite à la vague de mécontentements, soulevée chez ces derniers, par les décisions du CSA prononcées à l’encontre des chaînes et radios pour leurs manquements dans la couverture des événements de janvier dernier (attentat contre Charlie Hebdo…), Sophie Jehel s’interroge : « Une régulation des médias est-elle encore possible ». Un article étayé, qui met bien en lumière les tensions entre régulation et liberté d’expression.

Les 36 décisions que le CSA a prononcées en février contre les chaînes et les radios pour des manquements à leurs obligations déontologiques dans la couverture des attentats de janvier 2015 ont suscité une levée de bouclier de la part des journalistes. Au risque de paraître corporatistes, les journalistes se sont dans leur grande majorité insurgés contre cette intrusion dans un domaine qui, selon eux, doit rester réservé aux professionnels et échapper à tout contrôle administratif. Le Monde a titré « Couverture des attentats : « que fait-on, on met un écran noir » ? », comme si la responsabilité des médias pouvait s’exprimer dans une logique binaire : soit une liberté sans imputabilité, soit la censure, le « bâillon » (SNJ), ou, pourquoi pas, « l’écran noir ».

Quelques rares voix (dont celles de journalistes) ont fait observer que les décisions du CSA restaient plus que modestes, puisqu’aucune sanction n’était véritablement prononcée malgré la gravité des faits, les décisions étant soit des mises en demeure (21) soit des mises en garde (15). Seules les premières faisaient grief, au sens juridique du terme, et elles ne permettraient au CSA de sanctionner l’opérateur qu’en cas de récidive.

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Jeux video : attention, veillons à leur classification !

Le jeu pour adultes GTA 5 (Grand Theft Auto) vient d’être mis sur le marché à grand renfort de marketing.

Les précédentes versions de ce jeu ont déjà défrayé la chronique pour leur violence et leur absence de morale suscitant maintes polémiques et controverses.

Sans nous placer dès à présent sur le plan d’un débat sur les impacts de la violence des images, rappelons au moins les classifications qui ont cours en vue de protéger les enfants de traumatismes possibles liés à l’exposition à des contenus inappropriés (voir l’article « La rentrée, les enfants les médias et nous« 

Pour les jeux vidéo il est impératif de se reporter au système PEGI (Pan European Game Information) même si l’on peut considérer que cela ne dispense pas d’un avis circonstancié de l’acheteur adulte, ce système émane en effet de l’industrie des jeux vidéo :

Malheureusement cette classification n’est pas suffisamment connue et bien des enfants restent en dehors de toute protection, en témoigne cette enseignante en maternelle consternée en apprenant qu’un enfant de sa classe (5 ans) avait déjà pu jouer à GTA 5 ! Si vous avez des témoignages de ce genre à partager, n’hésitez pas, ce blog est aussi fait pour ça ! Nous nous devons de faire sortir de l’ombre ces cas, peut-être pas si isolés que ça, afin de prendre la juste mesure du phénomène.

Deux sortes de pictogrammes (par âge et par type de contenu) ont été conçus de manière à informer le public et notamment les parents sur la nature du jeu qu’ils envisagent acheter et pour contrôler les jeux que leur enfant s’est procurés.

PEGI 3
Avec cette classification, le contenu du jeu est considéré comme adapté à toutes les classes d’âge. Une certaine violence dans un contexte comique (par exemple les formes de violence présentes dans les dessins animés de type cartoon comme Bugs Bunny ou Tom & Jerry) est acceptable. L’enfant ne doit pas pouvoir associer le personnage à l’écran avec des personnages réels, ils doivent être totalement imaginaires. Le jeu ne doit pas comporter de sons ou d’images susceptibles d’effrayer ou de faire peur à de jeunes enfants. Le jeu ne doit faire entendre aucun langage grossier.
PEGI 7
Tout jeu qui obtiendrait normalement une classification 3 mais qui contient certaines scènes ou sons potentiellement effrayants peuvent être considérés comme convenant à cette classe.
PEGI 12
Les jeux vidéo montrant de la violence sous une forme plus graphique par rapport à des caractères imaginaires et/ou une violence non graphique envers des personnages à figure humaine ou représentant des animaux identifiables, ainsi que des jeux vidéo montrant des scènes de nudité d’une nature légèrement plus graphique tomberaient dans cette classe d’âge. Toute grossièreté doit rester légère et ne pas inclure d’insultes à caractère sexuel.
PEGI 16
Cette classification s’applique lorsque la représentation de la violence (ou d’un contact sexuel) atteint un niveau semblable à celui que l’on retrouverait dans la réalité. Les jeunes gens de cette classe d’âge doivent également être en mesure de gérer un langage grossier plus extrême, le concept de l’utilisation de tabac et de drogues, et la représentation d’activités criminelles.
PEGI 18
La classification destinée aux adultes s’applique lorsque le degré de violence atteint un niveau où il rejoint une représentation de violence crue et/ou inclut des éléments de types spécifiques de violence. La violence crue est la plus difficile à définir car, dans de nombreux cas, elle peut être très subjective, mais de manière générale elle peut regrouper les représentations de violence qui donnent au spectateur un sentiment de dégoût.
Les descripteurs apparaissant au dos de l’emballage indiquent les principaux motifs pour lesquels un jeu s’est vu attribuer une classification par âge particulière. Ces descripteurs sont au nombre de huit : violence, langage grossier, peur, drogue, sexe, discrimination, jeux de hasard et jeux en ligne avec d’autres personnes.
Langage grossier
Ce jeu contient des expressions grossières.
Discrimination
Ce jeu contient des images ou des éléments susceptibles d’inciter à la discrimination.
Drogue
Ce jeu illustre ou se réfère à la consommation de drogues.
Peur
Ce jeu risque de faire peur aux jeunes enfants.
Jeux de hasard
Ce jeu incite à jouer aux jeux de hasard ou enseigne leurs règles.
Sexe
Ce jeu montre des scènes de nudité et / ou des comportements ou des allusions de nature sexuelle.
Violence
Ce jeu contient des scènes violentes