Planète déconnexion, un jeu pour décrocher des écrans !

Comment parvenir à se déconnecter face à la force d’attraction qu’exercent smartphones et tablettes sur chacun de nous ? L’association Lève les yeux vient de créer un jeu véritablement amusant afin d’aider petits et grands à prendre pleinement conscience de la place, bien souvent envahissante, prise par les écrans dans nos vies. Entretien avec Yves Marry, cofondateur de l’association.

Pouvez-vous présenter votre association et sa raison d’être ?

  • Nous sommes légalement constitués en association, mais on se définit comme un collectif parce qu’on essaie d’avoir un fonctionnement aussi horizontal que possible. La raison d’être de Lève les yeux est de promouvoir la déconnexion à travers différents moyens, à la fois auprès des jeunes dans des ateliers de sensibilisation, du grand public à travers les médias, auprès des décideurs politiques par un plaidoyer, et sur le terrain à travers un label pour des lieux déconnectés, il s’agit du label Lève les yeux que nous avons créé pour les bars, les restaurants, les salles de spectacles. Nous souhaitons ainsi susciter une prise de conscience sur la dépendance développée aux écrans et donner l’envie de se déconnecter. Notre discours n’est ni alarmiste ni anxiogène, la démarche est au contraire positive et cherche à rendre la déconnexion enthousiasmante.

Comment vous est venue cette idée selon laquelle nous serions dépendants et que nous passons trop de temps avec nos écrans ?

  • Ça a commencé par un constat physique et ensuite intuitif, qui s’est déclenché chez moi lorsque j’étais en Birmanie, j’y ai vécu 4 ans, de 2014 à 2018. J’ai vu se développer les smartphones et tablettes alors qu’ils n’existaient pas quand je suis arrivé en Birmanie. Et j’ai vu un pays se faire happer très rapidement par la force d’attraction des smartphones. C’est littéralement un pays qui a baissé la tête, baissé les yeux (certains amis me parlaient moins, étaient moins présents. La guitare dans les rues, les livres, ont été remplacés par les jeux vidéos, les vidéos Facebook). C’est là que j’ai pris conscience des risques liés à la technologie numérique, ça a été le déclencheur. Par la suite, des lectures d’ouvrages spécialisés m’ont permis de comprendre théoriquement le problème.

Comment a germé l’idée du jeu « Planète déconnexion » ?

  • Comme nous étions sollicités pour faire de la sensibilisation auprès des jeunes et des parents sur les impacts de la surexposition aux écrans, nous avons décidé de développer un vrai atelier spécifique avec une pédagogie appropriée. Étant donné qu’il s’agit d’un problème relativement émergent, nous n’avions pas beaucoup d’exemples à notre disposition. Même si la télé est là depuis longtemps, l’arrivée des smartphones a décuplé le problème. Pour ces ateliers, il nous fallait utiliser un outil pédagogique qui puisse être à la fois ludique et efficace dans la diffusion des messages de sensibilisation et c’est là que l’idée du jeu de société est apparue. Mais il y a eu aussi ma rencontre avec Axelle qui est créatrice de jeux de société pédagogiques au sein de l’association l’Eclap. Nous avons travaillé ensemble à la création de ce jeu.
Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est memory-2.jpg

Qu’espérez avec ce jeu ?

  • Eh bien, il donne déjà des résultats, c’est vraiment une grande réussite parce que nous l’utilisons dans nos ateliers de sensibilisation. J’interviens depuis environ un an dans les centres sociaux, dans des quartiers et autres établissements à Marseille et ailleurs. C’est un mémory amélioré, il y a des petits pièges, et en même temps il présente des situations du quotidien dans lesquelles les gens sont avec ou sans écrans. Pour des jeunes qui n’ont connu qu’un monde où eux-mêmes et les autres sont tout le temps sur leur smartphone ou devant un écran, le jeu « Planète déconnexion » les incite à s’interroger. Pour citer un exemple : diner en amoureux, est-ce mieux avec ou sans le smartphone ? L’idée consiste à susciter des débats. Nous commençons par le jeu avec lequel on s’amuse vraiment autour des images proposées, puis nous débattons des situations rencontrées dans le jeu. Cela leur permet de se poser des questions sur ce qui est une forme d’aliénation.

À qui est destiné le jeu « Planète déconnexion » ?

  • Grands et petits peuvent y jouer, à partir de 7 ans.

Comment faire pour se le procurer ?

  • Comme l’association n’a pas beaucoup de moyens, nous ne pouvons pas lancer le jeu à grande échelle. C’est pourquoi nous avons lancé une campagne de financement participatif sur Ullule « Planète déconnexion ». Il est possible d’acheter un ou plusieurs jeux, son prix est de 22 €. Il s’agit d’un don qui a pour  contrepartie l’envoi du jeu par l’association aux gens qui y auront contribué financièrement. C’est une des rares opportunités de l’avoir, parce qu’on ne sait pas du tout s’il y aura une production du jeu à l’avenir.

À VOUS DE JOUER MAINTENANT !

Un colloque pour penser la réduction du temps écran

Les séquelles qui résultent d’une surexposition aux écrans sont trop importantes chez les enfants qui en font les frais pour que nous les ignorions.

Tout doit être mis en œuvre pour réduire le temps d’écran.

L’association ALERTE ÉCRANS organise en association avec EDUPAX un colloque le 5 mai 2018 à Paris (19e). « Les impacts des écrans sur la jeunesse : ENJEU MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE »

Des chercheur(e)s, professionnels et autres experts de l’enfance y participeront pour partager les résultats de leurs travaux, études et observations.

Ce sera également l’occasion d’envisager les moyens concrets à notre portée pour engager enfants et adultes dans une réduction sensible des écrans (hors activité professionnelle) par :

  • le Défi sans écrans
  • L’information et la formation, afin d’apprendre à décrypter le monde numérique qui nous entoure
  • Et toute autre initiative qui irait dans le sens d’une plus grande maitrise des écrans dans notre quotidien

Alors, n’hésitez pas, inscrivez-vous : ici !

Une association pour réduire le temps d’écran

Dans un article précédent, nous avions informé de la création d’un nouveau site internet alertecran.org. En ce début d’année, nous nous tournons vers les projets innovants intéressés par une réflexion sur la place prise par les écrans et technologies numériques dans la vie des enfants et des adolescents. C’est pourquoi nous avons demandé à Anne Lefèbvre, présidente d’ALERTE (association pour l’éducation à la réduction du temps-écran), de nous présenter cette jeune association.

moins-decran-plus-dautres-choses

Moins d’écrans c’est plus d’autres choses !

Vous êtes présidente de l’association ALERTE, pouvez-vous nous dire ce qui a motivé sa création ?

Je me suis investie plusieurs années comme parent d’élève à l’école de ma fille 40bis Manin à Paris (19e) dans l’organisation d’un « défi sans écran » qui avait été impulsé depuis 2009 sur cette école par une déléguée des parents d’élève et le directeur de l’école. Leur attention avait été attirée par des animateurs lors d’une visite de cantine au sujet de jeux de catch dans la cour de récréation, répliques de programmes audiovisuels violents et dangereux. La représentante des parents d’élèves s’est alors mise en contact avec Eco-Conseil à Strasbourg et avec le directeur d’école de la commune qui lança en 2008 en France le premier défi sans écrans dont elle avait entendu parler à la radio.

Puis j’ai contacté Jacques Brodeur qui est venu rencontrer l’équipe pédagogique et les parents élus disponibles. Le tissu associatif local, la mission ville, qui avaient précédemment été mobilisés, ont poursuivi leur action conjointe jusqu’en 2014 où nous avons coorganisé un colloque avec la fondation de Jacques Brodeur Edupax, à la salle des fêtes de la Mairie du 19e. C’est à la suite de ce colloque que nous avons fondé ALERTE, association pour l’éducation à la réduction du temps-écran en vue de soutenir durablement les valeurs de l’école.

Comme psychologue en pédopsychiatrie dans le Val de Marne, je constate tous les jours l’ampleur du challenge qui est devant nous pour aider les familles à résister au tsunami numérique : c’est donc tout naturellement que j’ai repris la présidence de cette association après le départ des deux autres membres fondateurs.

Le tout numérique ne tient pas ses promesses concernant les apprentissages. Les familles anxieuses de la réussite scolaire de leurs enfants luttent tous les jours contre l’usage exclusivement récréatif et chronophage que les enfants en font en réalité. Elles doivent être informées des dommages que cela cause d’autant plus gravement que l’imprégnation aura été précocement intensive. Orthophonistes, psychomotriciens alertent sur les retards de développement, les enseignants sur les difficultés d’attention et l’excitation ainsi que sur la perte du sens de l’effort scolaire…

 

Quel est l’objectif principal de l’association ALERTE ?

  • Soutenir l’organisation de défis sans écrans dans les établissements scolaires pour offrir aux élèves et à leurs familles une expérience de déconnexion afin de prendre conscience de la place que les écrans prennent dans la vie des enfants, des adolescents et de leurs parents.
  • Informer les jeunes et leurs familles sur les dégâts causés par la consommation excessive des écrans (télévision, ordinateur, smartphones, tablettes, platine de jeux vidéo, etc.). En effet les conséquences d’une surexposition aux écrans peuvent être très lourdes pour les jeunes : temps pris sur le sommeil, sur la communication intrafamiliale, sur la lecture, les devoirs, les activités ludiques, sportives ou créatives.  Des impacts négatifs en découlent : sédentarité, surpoids, tyrannie des publicités, difficultés cognitives, attention, concentration, mémorisation, retard de développement du langage et de la motricité fine et globale, difficulté à réguler le temps passé, puissance addictive et multiplicité des écrans, exposition à la violence, troubles anxieux, baisse de l’empathie, mimétisme, intolérance à la frustration, échec et décrochage scolaire…

 

Quels sont les projets à court et moyen terme d’ALERTE ?

Nous essayons d’organiser tous les deux ans au moins un colloque sur ces thématiques à la mairie du 19e et de soutenir indirectement des initiatives locales partout en France

 

Qui peut adhérer et comment ?

L’adhésion annuelle de soutien est de 20 euros, une adhésion collective pour un groupe scolaire de 200 euros. Cela permet de prendre en charge les frais d’impression des  plaquettes d’information aux familles. Nous avons une page Facebook et un site internet régulièrement mis à jour : alertecran.org (site),   et @ALERTE.REDUCTION.TEMPS.ECRAN (page FB). N’hésitez pas à faire  remonter vos expériences locales, nous sommes réactifs. Il est possible de nous solliciter pour des interventions ponctuelles dans les écoles et pour des conférences : un certain nombre de conférenciers siègent à notre CA. Nous diffusons aussi par mail « Les 4 temps », kit de prévention : clip vidéo, affiche et dépliant, conçus par Sabine Duflo et présentés lors du colloque d’octobre 2016.

 

Que souhaitez-vous transmettre comme message en ce début d’année 2017 aux lecteurs de ce blog ?

ALERTE et EDUPAX  organiseront en octobre 2017 un nouveau colloque sur la thématique des adolescents face aux écrans à la mairie du 19e arrondissement de Paris, nous les invitons vivement à y participer et/ou à faire remonter leurs expériences, observations et analyses.

img_1419 Merci Anne !

 

 

Pas d’écrans pendant une semaine ? Pourquoi pas ?

Que diriez-vous de relever avec vos enfants le défi de passer une semaine sans écrans? À l’exception bien sûr des tâches professionnelles en nécessitant l’usage !

chiche

C’est ce que proposent aux jeunes lecteurs Christine Sagnier et Caroline Hesnard, auteurs d’un livre intitulé ! « Chiche ! pas d’écrans cette semaine… » édité chez Fleurus. L’histoire c’est Lola qui la raconte. Sa maîtresse propose à toute la classe de se passer d’écrans pendant une semaine. Ce qui est très amusant c’est que, à la maison, personne n’y échappe, pas même les parents et le papi de Lola !

Ce petit livre  m’a bien plu, c’est pourquoi je vous le recommande.

Et si vous avez besoin de conseils pour mettre en place un tel défi, n’hésitez pas à consulter le site de Edupax, il pourra vous être d’une grande aide !

Un nouveau site pour s’informer et réagir

L’association ALERTE ÉCRANS vient de mettre en ligne son site internet :

alectre-ecrans-3

J’invite vivement les lecteurs de ce blog à faire connaître ce nouveau site au plus grand nombre.

Nous évoquerons prochainement les activités de l’association pour l’éducation à la réduction du temps écrans, elle mérite d’être connue !

Pour consulter sa page Facebook, c’est ici