Le smartphone, à partir de quel âge ? Ce qu’en dit le JT de Fr2

Eh bien, si vous êtes de ceux qui se posent la question, la réponse a été clairement donnée dans le journal de 13 h de France 2 le 09 septembre dernier : vers 11 ans, âge qui correspond à l’entrée au collège.

Voilà, ils l’ont dit à la télé ! Un spécialiste, pédopsychiatre était même là, sur le plateau, pour confirmer les préconisations du reportage. D’ailleurs, pourquoi être récalcitrant quand « 1/3 des enfants de 10 ans a un mobile ». C’est ce qu’a affirmé la présentatrice du journal – sans citer sa source – avant de lancer le reportage.

Pour ceux qui sont sur le point de passer à l’acte d’achat, rien de tel que de se rendre dans une boutique spécialisée comme l’ont fait les journalistes de France 2. Pas n’importe laquelle d’ailleurs, si le vendeur interviewé était présenté comme un « conseiller en téléphonie mobile » la caméra, quant à elle, a bien pris soin de s’orienter de telle sorte que le téléspectateur puisse identifier l’opérateur : Bouygues. Tout cela était assorti d’arguments commerciaux bien ciblés : design du téléphone attrayant, caméra frontale pour les selfies, applications pour rester en contact avec les amis, etc.

Le coût ? Ne vous inquiétez pas, le commentaire sur image s’est voulu rassurant : « des forfaits à petits prix, sans engagement ». Mais comme si cela ne suffisait pas, ces propos ont été relayés par des plans sur les accroches commerciales de la boutique « tout compris », « sans engagement ».

On aura pris soin, tout de même, de prévenir les parents : « il faut les surveiller de près », assurer un suivi et que les devoirs soient faits avant tout divertissement. En réalité la surveillance parentale suffit-elle à mettre nos enfants à l’abri des usages excessifs et des contenus inappropriés ? Cette technologie-là le permet-elle vraiment ?

Rappelons quand même que l’usage d’un ordiphone (car il s’agit bien de cela : un ordinateur de poche) nécessite certaines compétences comme :

Savoir et pouvoir :

  • distinguer la réalité de la fiction
  • réagir aux contenus inappropriés ou inopportuns
  • reconnaître les techniques de marketing
  • débusquer les supercheries
  • trier l’information
  • analyser les contenus
  • protéger sa vie privée
  • réfléchir à l’utilité de certaines applications
  • connaître les ressorts de la captologie

Tout un programme en vérité… que les adultes ne maitrisent pas toujours si bien que ça ![1]

Est-il véritablement nécessaire de confier un smartphone à un jeune collégien ? Si le téléphone mobile peut être utile dans certains cas, pourquoi ne pas se satisfaire des fonctions : recevoir et émettre appels et SMS ? L’ordiphone sera ainsi réservé à l’entrée au lycée, âge auquel l’adolescent a acquis des connaissances et une plus grande maturité.

Pour plus d’informations sur la publicité dans les émissions de télévision je vous invite à consulter le site du CSA et notamment ce qui relève de la publicité clandestine en fin de page.

[1] Au cours de ce même JT, un reportage était consacré au cas d’un chef d’entreprise qui s’est fait siphonner toute sa trésorerie suite à une arnaque – via le courrier électronique – non débusquée par la responsable du service financier.

Un avis scientifique ?

L’avis rendu par l’Académie des sciences sur l’impact des écrans chez les enfants est-il vraiment scientifique ?

Il est tout à fait normal et légitime, pour tenter de se forger un avis objectif sur les impacts des technologies numériques sur la santé des enfants, de consulter la littérature scientifique qui se rapporte à cette question. Et elle est abondante.

En janvier dernier, l’Académie des sciences a publié un avis intitulé « l’enfant et les écrans« 

Une étude controversée
Une étude controversée

Toutefois, certains auteurs de cet avis n’ont jamais fait de recherches dans ce domaine très spécifique. A contrario des chercheurs reconnus et expérimentés, et ils sont plusieurs en France, ne sont ni consultés, ni référencés. Les affirmations concernant la tablette numérique pour les bébés sont étonnantes car qui peut prétendre disposer de suffisamment de recul pour en connaître les effets réels sur le développement global du petit enfant ?

La lettre ouverte de plusieurs chercheurs publiée dans le monde en février 2013 « Laisser les enfants devant les écrans est préjudiciable » constitue un contrepoint essentiel à l’Avis de l’Académie des sciences. A lire absolument!

Voir également la liste complète des signataires « L’incroyable avis de l’Académie des sciences« 

Voir aussi la réaction de l’Union Nationale des Associations Familiales

Bonnes lectures !