Jacques Brodeur nous à quittés !

Jacques Brodeur, Montréal, novembre 2019

Jacques Brodeur nous a quittés, emporté en quelques jours par la Covid 19.

Ancien professeur de sport, Jacques Brodeur a toujours été soucieux de la santé et du bien-être des enfants et des adolescents. « L’éducation à la paix, aux médias, la prévention de la violence et le développement de saines habitudes de vie » étaient au cœur de son engagement.

Fondateur du Défi 10 jours sans écrans au Québec, puis en France, il était convaincu qu’il y avait urgence à promouvoir la réduction du temps-écran.

Il avait conscience que les grandes firmes internationales que l’on appelle GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), sont davantage préoccupées par la manne financière escomptée par leurs activités que par des questions d’ordre éthique et déontologique.

Le développement accéléré de la technologie numérique a entrainé un accroissement important d’écrans de toutes natures, accessibles à un âge de plus en plus précoce, avec des offres de contenus plus orientés vers le divertissement que vers l’éducatif. L’augmentation du temps écran qui en a résulté conduit les enfants à une surexposition avec des conséquences très préoccupantes : santé fragilisée, agressivité, harcèlement, baisse des résultats scolaires, etc.

Face à ces constats, il était convaincu qu’il fallait œuvrer pour encourager petits et grands à une réduction du temps d’écran. Le Défi 10 jours sans écrans est né de cette nécessité. Son site Edupax témoigne de ses nombreuses interventions ainsi que du dynamisme et savoir-faire qu’il y déployait.

Mais il ne s’est pas arrêté là, il a également été cofondateur de l’association Alerte écrans, des Chevaliers du web et a organisé de nombreux colloques.

Une de ses phrases clés était : « Les écrans pour servir, non pour asservir » !

Jacques Brodeur avait pour habitude de distribuer des bravos aux uns ou les autres lorsqu’ils contribuaient, à leur manière, à cette œuvre commune de prévention des effets néfastes des écrans. A notre tour, nous lui disons BRAVO JACQUES !

Carte des Défis réalisés en France
Colloque Montréal, novembre 2019

Objets numériques : scandaleuses pratiques de travail d’enfants

Les appareils numériques qui peuplent notre quotidien nous offrent la possibilité de nous divertir, de communiquer, de nous informer, de créer, de travailler, etc., Super, c’est le progrès ! Un progrès… pas pour tout le monde.

Nous avons pour habitude de nous concentrer sur l’enfant devant l’écran, mais que se passe-t-il avant qu’il ait reçu sa petite machine numérique ? Que se passe-t-il ensuite lorsqu’elle devient obsolète ? Cet article se propose d’élargir le champ de notre réflexion pour examiner d’un peu plus près la réalité de l’industrie du numérique dans ses phases de production, de consommation, jusqu’à l’étape finale de l’objet-déchet, avec la question centrale de la place et de la condition des enfants dans ce circuit ?

Ce détour est nécessaire, voire urgent, car dans le contexte d’une économie mondialisée et d’une industrialisation de produits high-tech de même envergure, la consommation des pays riches doit pouvoir également ne plus considérer le seul usage immédiat de ces technologies numériques, mais embrasser également les conditions de leurs productions aussi bien que leur fin, à savoir, les déchets qu’elles finissent toujours par devenir. C’est toute la démarche déployée par Fabien Lebrun dans son dernier ouvrage « On achève bien les enfants » : « La destruction des enfants par les écrans est réelle, concrète et visible en amont et en aval du cycle de production, c’est-à-dire de leur conception, des minerais extraits de terre, éléments matériels des écrans, à la transformation (métallurgie, raffinerie), leur assemblage, leur finition et leur commercialisation, leur consommation et leur utilisation, jusqu’à leur destruction et leur disparition, c’est-à-dire en tant que déchets aussi bien concrets que réels » (p. 152).

Ce smartphone, entre nos mains, deviendra très vite obsolète…

Remontons le cycle de production de nos appareils tant convoités. Ce smartphone, entre nos mains, deviendra très vite obsolète (obsolescence programmée), cela d’autant plus que la 5G s’impose déjà aux consommateurs que nous sommes. Or, « La production de déchets électriques et électroniques dans le monde (DEEE) représente 53,6 millions de tonnes, l’équivalent d’environ 1,7 t par seconde et de 7,3 kg par personne en moyenne et par an. » selon le site Planétoscope. Pour Fabien Lebrun, « 60 à 80 % de ces déchets sont gérés de manière opaque et envoyés illégalement des pays riches vers les pays pauvres » (p.154). Ces pays receveurs de nos déchets sont : la Chine, l’Inde, le Nigéria, le Ghana, pour ne citer que ceux-là. Or, sait-on que beaucoup d’enfants travaillent dans ces vastes décharges à ciel ouvert dans des conditions extrêmement périlleuses pour leur santé. Agbogbloshie, au Ghana, est l’une de ces décharges (lire, à ce sujet l’article fort instructif de Antonella Sinopoli (voir ci-dessous). Notons au passage que la France détient le triste record d’être le plus grand émetteur au monde de déchets électroniques avec plus de 20 kg par personne ! Au niveau mondial, ces déchets ont augmenté de plus de 21 % en 5 ans ! (greenIT.fr source « The Global E-Waste Monitor 2020 »).

Nos enfants, accros à leurs écrans, savent-ils que leurs pairs d’autres pays travaillent en nombre dans des usines sous-traitantes des grandes marques qui se disputent le marché occidental. L’une d’elles, l’usine LCE, située en Chine, est même dite « l’usine des enfants ». De jeunes mineurs (ayant parfois moins de 14 ans) travaillent sur les chaines de montage, des heures durant, pour un salaire de misère et dans des conditions souvent inhumaines.

Mais l’exploitation des enfants ne s’arrête pas là. Batterie, écran, électronique, coque de nos gadgets électroniques, conçus par les ingénieurs de la Silicon Valley, nécessitent l’utilisation de métaux rares (cobalt, lithium, cuivre, tantale, coltan…). Le Congo (RDC) est un des grands fournisseurs de ces métaux. Dans un rapport publié en 2015, Amnesty International révèle les conditions périlleuses dans lesquelles des enfants parfois très jeunes (7 ans) contribuent à extraire ces minerais.

« Les vitrines des boutiques chics et le marketing des technologies de pointe contrastent vivement avec les enfants ployant sous les sacs de roches et les mineurs s’affairant dans les étroits tunnels qu’ils ont creusés, exposés au risque de contracter des affections pulmonaires permanentes. Des millions de personnes bénéficient des avantages des nouvelles technologies, sans se préoccuper de la manière dont elles sont fabriquées. Il est temps que les grandes marques assument leur part de responsabilité dans l’extraction des matières premières qui rendent leurs produits si lucratifs. » (Mark Dummett, spécialiste de la responsabilité des entreprises en matière de droits humains à Amnesty International).

C’est évident, réduire le temps passé par nos enfants sur leurs écrans est un préalable incontournable pour garantir leur bien-être et leur santé. Mais, informer largement sur les scandaleuses pratiques de travail d’enfants en amont et en aval de la vie des objets numériques peut, non seulement contribuer à donner du sens à la réduction du temps-écran, mais également sensibiliser le consommateur occidental. Nous, consommateurs, détenons le pouvoir de faire pression sur les décideurs politiques et d’influer les orientations et décisions des grandes firmes internationales qui se partagent le vaste marché du numérique. Comment ? Quelques pistes…

  • Ne pas céder aux sirènes du marketing, lesquelles, par leurs « offres » et promesses aguichantes, font pression pour encourager à l’acte d’achat
  • Au contraire, prolonger au maximum la durée de vie de nos appareils
  • Viser le reconditionnement plutôt que l’achat de matériel neuf
  • Penser réparation
  • Privilégier l’équipement écolabel
  • Soutenir les démarches qui visent le respect de la convention internationale des droits de l’enfant : L’article 32 de la Convention internationale des droits de l’enfant indique que « les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de  compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social », voir à ce sujet le site de l’UNICEF.
  • Soutenir et relayer les actions des ONG, notamment celles de Amnesty international et

Relayer cet article !

Pour approfondir :

  • « Voilà pourquoi on meurt », Rapport Amnesty International, 2016 ici
  • « Ghana : la décharge d’Agbogbloshie », La revue Quart-Monde 2018 ici
  • « La face cachée du numérique » Guide ADEME, novembre 2019 ici
  • « La face honteuse du «métal bleu» » , Le Monde diplomatique, juillet 2020 ici

Planète déconnexion, un jeu pour décrocher des écrans !

Comment parvenir à se déconnecter face à la force d’attraction qu’exercent smartphones et tablettes sur chacun de nous ? L’association Lève les yeux vient de créer un jeu véritablement amusant afin d’aider petits et grands à prendre pleinement conscience de la place, bien souvent envahissante, prise par les écrans dans nos vies. Entretien avec Yves Marry, cofondateur de l’association.

Pouvez-vous présenter votre association et sa raison d’être ?

  • Nous sommes légalement constitués en association, mais on se définit comme un collectif parce qu’on essaie d’avoir un fonctionnement aussi horizontal que possible. La raison d’être de Lève les yeux est de promouvoir la déconnexion à travers différents moyens, à la fois auprès des jeunes dans des ateliers de sensibilisation, du grand public à travers les médias, auprès des décideurs politiques par un plaidoyer, et sur le terrain à travers un label pour des lieux déconnectés, il s’agit du label Lève les yeux que nous avons créé pour les bars, les restaurants, les salles de spectacles. Nous souhaitons ainsi susciter une prise de conscience sur la dépendance développée aux écrans et donner l’envie de se déconnecter. Notre discours n’est ni alarmiste ni anxiogène, la démarche est au contraire positive et cherche à rendre la déconnexion enthousiasmante.

Comment vous est venue cette idée selon laquelle nous serions dépendants et que nous passons trop de temps avec nos écrans ?

  • Ça a commencé par un constat physique et ensuite intuitif, qui s’est déclenché chez moi lorsque j’étais en Birmanie, j’y ai vécu 4 ans, de 2014 à 2018. J’ai vu se développer les smartphones et tablettes alors qu’ils n’existaient pas quand je suis arrivé en Birmanie. Et j’ai vu un pays se faire happer très rapidement par la force d’attraction des smartphones. C’est littéralement un pays qui a baissé la tête, baissé les yeux (certains amis me parlaient moins, étaient moins présents. La guitare dans les rues, les livres, ont été remplacés par les jeux vidéos, les vidéos Facebook). C’est là que j’ai pris conscience des risques liés à la technologie numérique, ça a été le déclencheur. Par la suite, des lectures d’ouvrages spécialisés m’ont permis de comprendre théoriquement le problème.

Comment a germé l’idée du jeu « Planète déconnexion » ?

  • Comme nous étions sollicités pour faire de la sensibilisation auprès des jeunes et des parents sur les impacts de la surexposition aux écrans, nous avons décidé de développer un vrai atelier spécifique avec une pédagogie appropriée. Étant donné qu’il s’agit d’un problème relativement émergent, nous n’avions pas beaucoup d’exemples à notre disposition. Même si la télé est là depuis longtemps, l’arrivée des smartphones a décuplé le problème. Pour ces ateliers, il nous fallait utiliser un outil pédagogique qui puisse être à la fois ludique et efficace dans la diffusion des messages de sensibilisation et c’est là que l’idée du jeu de société est apparue. Mais il y a eu aussi ma rencontre avec Axelle qui est créatrice de jeux de société pédagogiques au sein de l’association l’Eclap. Nous avons travaillé ensemble à la création de ce jeu.
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Qu’espérez avec ce jeu ?

  • Eh bien, il donne déjà des résultats, c’est vraiment une grande réussite parce que nous l’utilisons dans nos ateliers de sensibilisation. J’interviens depuis environ un an dans les centres sociaux, dans des quartiers et autres établissements à Marseille et ailleurs. C’est un mémory amélioré, il y a des petits pièges, et en même temps il présente des situations du quotidien dans lesquelles les gens sont avec ou sans écrans. Pour des jeunes qui n’ont connu qu’un monde où eux-mêmes et les autres sont tout le temps sur leur smartphone ou devant un écran, le jeu « Planète déconnexion » les incite à s’interroger. Pour citer un exemple : diner en amoureux, est-ce mieux avec ou sans le smartphone ? L’idée consiste à susciter des débats. Nous commençons par le jeu avec lequel on s’amuse vraiment autour des images proposées, puis nous débattons des situations rencontrées dans le jeu. Cela leur permet de se poser des questions sur ce qui est une forme d’aliénation.

À qui est destiné le jeu « Planète déconnexion » ?

  • Grands et petits peuvent y jouer, à partir de 7 ans.

Comment faire pour se le procurer ?

  • Comme l’association n’a pas beaucoup de moyens, nous ne pouvons pas lancer le jeu à grande échelle. C’est pourquoi nous avons lancé une campagne de financement participatif sur Ullule « Planète déconnexion ». Il est possible d’acheter un ou plusieurs jeux, son prix est de 22 €. Il s’agit d’un don qui a pour  contrepartie l’envoi du jeu par l’association aux gens qui y auront contribué financièrement. C’est une des rares opportunités de l’avoir, parce qu’on ne sait pas du tout s’il y aura une production du jeu à l’avenir.

À VOUS DE JOUER MAINTENANT !

Comptine sur mon téléphone

 Mon  smartphone
 Il me sonne
 Je l’abandonne
 Et je fredonne…
  
 Ma petite boîte
 Je la remboite
 Puis je déboite
 Et ça miroite…
  
 Ma p’tite machine
 Qu’est si maline
 Je la décline
 Et j’imagine…
  
 Mon téléphone
 Il me siphonne
 Ça me chiffonne
 Et je randonne…           
  
 Mon  smartphone
 Il me sonne
 Je l’abandonne
 Et je fredonne…

EBH

Les écrans et les jeunes : la place de la télé dans la vie des enfants

Au Sénégal, la télévision est très présente dans les foyers. Elle est parfois allumée en permanence. Mme Thiam Aissatou Gning,enseignante en collège, nous livre ici sa réflexion.

La télévision est présente dans la vie quotidienne, bien implantée au sein de la famille, et peut-être le sera-t-elle davantage demain avec l’apparition de nouvelles possibilités d’information que nous offrent les multimédias.

La place de la télé dans la vie des enfants et l’usage exclusif qu’ils en font

La télévision est un petit îlot de bonheur où l’on vous propose tout ce que l’on voudrait avoir ou être. Dans les séries ou les dessins animés, on s’identifie au héros et on s’associe à sa joie. La télévision est accessible à tous les enfants dans une grande liberté de choix des programmes. De la fiction à l’information, il est nécessaire de prendre un peu de recul pour analyser le juste rapport à établir avec ce « partenaire » pourvoyeur d’images colorées et aguicheuses. Pourtant il est difficile de préserver de bonnes intentions éducatives et de résister à cet « envahisseur médiatique » plébiscité par tous les enfants.

Depuis que la télé a fait une entrée massive dans les foyers, chacun porte un regard critique face à ce média. Certains accusent l’abrutissement que représente la télé, car elle encourage la passivité et le manque de réflexion ou d’analyse.

Quel rôle éducatif pour les adultes ?

Interrogeons-nous donc sur le rôle éducatif que nous devons jouer auprès de nos enfants et apprécions avec eux, sans perdre notre vigilance, les apports fantastiques et l’ouverture au monde qu’offre la télé aussi bien que ses limites et ses travers.

La réflexion sur les médias télévisuels ne perd rien de son actualité. Le monde du multimédia est en train d’orienter les habitudes des téléspectateurs vers de nouvelles pratiques qui prennent en compte les langages et les codes utilisés par eux. Les enjeux économiques se révèlent fortement. C’est pourquoi la consommation de ces nouveaux espaces médiatiques est largement encouragée. 

En tant qu’éducatrice je suis sensible au rôle de l’imaginaire dans le travail de construction de la personnalité de l’enfant. L’imaginaire est par excellence le monde de l’enfance, le monde dans lequel l’enfant rêve et édifie son devenir. Le monde des images télévisuelles est-il différent de l’univers de l’imaginaire, univers des histoires et des contes autrefois dispensé par la lecture et la tradition orale ? 

Une greffe de la télévision semble répondre au droit au rêve, à la curiosité et à la découverte de passions nouvelles pour l’enfant, mais d’une façon différente. Face à ces médias qui ont transformé la vie et la culture de l’enfant, il semble que ce soit nous parents qui devions maîtriser cette omniprésence télévisuelle. Oscillant entre interdiction et permissivité, nos attitudes éducatives sont souvent paradoxales. Cependant les dangers d’une overdose sont toujours à prévenir et demandent une grande vigilance. Ainsi le temps passé devant la télé est devenu l’objet de vives discussions au sein de la famille.

Le passage du monde fictif à la réalité

Il est certain que dans notre monde marqué par toutes ces images, l’image du réel peut rester mêlée à la fiction. La rencontre précoce de l’enfant avec les préoccupations de la vie adulte dans le domaine de la sexualité, de l’amour ou de la mort peut devenir un facteur de déséquilibre ou de trouble. Mais plus inquiétant est le problème de la violence et de sa représentation télévisuelle.

Analysons les dangers et les effets de cette violence télévisuelle

En l’absence de toute intervention adulte, le risque prend la forme d’une sorte d’indifférence des enfants face à ces sujets. Cependant la parole posée avec l’enfant reste un élément irremplaçable. Ce sujet d’inquiétude parentale peut être résolu par la communication parents/enfants. Face à l’intérêt suscité par l’image chez les jeunes, les parents ont un rôle à jouer dans l’approche des médias télévisuels, pour apprendre à lire les images et prendre du recul face à leur déferlement rapide. 

L’ascendant de la télé sur nos familles

L’impact du monde des images sur l’élaboration des connaissances de l’enfant et le façonnage de ses émotions obligent les parents à trouver des points de repère et de réflexion sur la consommation des médias. Si la télévision est venue comme un spectacle familial où le choix des émissions stimule les discussions et occasionne le visionnement en commun, l’enfant sera dans une ambiance sécurisante où il pourra trouver sa place de téléspectateur. Dans ce cas, il peut en toute sécurité se laisser aller au rêve télévisuel sachant qu’il a le loisir, lorsque le besoin s’en fait sentir, de revenir au réel et de s’appuyer sur des repères familiaux solides. À cette occasion le parent peut également amener l’enfant à parler de ce qu’il a vu et entendu, à dire ce qu’il en pense, afin de l’aider à prendre la distance nécessaire et à forger son esprit critique et de discernement.

Un outil culturel ?

La télévision est un outil culturel parmi d’autres. Elle fait partie intégrante de notre époque et a contribué à un changement culturel en profondeur. L’écran lui, s’introduit constamment dans le quotidien des jeunes aux côtés de la télé. Il y a le cinéma, le magnétoscope, les jeux vidéos, le minitel, l’ordinateur et maintenant la tablette et le smartphone. 

Aujourd’hui les jeunes connaissent plus l’écran que la feuille de papier avec une précocité marquée. Les disques numériques permettent de transformer les micros ordinateurs en machines à jouer ou à apprendre. Les enfants se trouvent en phase avec ce nouvel apprentissage des savoirs. L’interaction et le choix de se balader d’une image à une autre, la possibilité d’évoluer à son rythme, de faire des retours en arrière est une pratique du jeune public. Entre la fascination pour les nouveaux supports et leur rejet à priori, l’essentiel est de ne jamais perdre de vue que l’ordinateur est un instrument ni plus ni moins pernicieux qu’un autre. À l’heure du multimédia et d’internet, l’important pour la jeune génération semble moins d’accumuler des connaissances que d’être à l’aise dans tous ces nouveaux langages de l’information. Mais ne nous y trompons pas, l’acquisition de connaissances offerte par l’éducation scolaire, le livre, la culture – non portée par des intérêts exclusivement commerciaux – reste essentielle.

L’usage de la télévision

L’usage de la télé est multiple : d’aucuns souhaitent que la télé soit culturelle, certains la considèrent comme un outil de savoir, beaucoup n’y cherchent qu’un temps de détente. Ouverts à tout, les enfants sont souvent dans l’embarras de faire un choix. Leur envie la plus forte est de se laisser porter par l’image, l’émotion, le rire, la violence ou la peur. Le choix de l’enfant ne peut se faire sans dommage si l’adulte présent ne prend pas le temps de clarifier et d’expliquer ces événements sans lien. Les enfants ont en général une grande foi dans tout ce qui est vu ou dit à l’écran. Les moins de 6 ans en particulier confèrent à la télé une fonction magique. Ils croient que les personnages vivent dans le récepteur si des repères clairs ne leur sont pas donnés pour distinguer le réel de l’imaginaire. Le risque de voir les enfants s’enfermer dans le monde des apparences est grand. En l’absence de protocole et de rituel familial, ils doivent réagir seuls aux débordements suscités par les images.

A nous de ne pas abandonner nos enfants devant la télévision !

Alors, que puis-je faire pour protéger mes données personnelles ? (4)

Nous avons vu que les données personnelles sont des informations qui concernent une personne unique et qui permettent de l’identifier.

  • nom et prénom
  • adresse postale
  • adresse mail
  • adresse IP (Protocol Internet)
  • données de localisation
  • coordonnées bancaires
  • documents d’identité (passeport, carte d’identité…)
  • D’autres données : par exemple les renseignements médicaux, scolaires, professionnels,  etc., mais aussi les croyances religieuses, les opinions politiques…
  • Et les informations que vous livrez en prenant des photos personnelles : domicile, membres de votre famille, voisinage, etc.

Vos données personnelles seront protégées si vous :

  • paramétrez scrupuleusement votre ou vos comptes
  • avez des mots de passe très sécurisés et différents pour chacun de vos comptes
  • n’acceptez aucun inconnu comme ami ou contact
  • êtes très discret sur votre vie et celle de votre entourage sur les réseaux sociaux (attention aux photos personnelles !)
  • n’acceptez que les cookies nécessaires
  • utilisez d’autres navigateurs : Google espionne les internautes, certains navigateurs protègent davantage la vie privée, comme : Qwant Junior, Qwant…
  • n’utilisez que des réseaux wifi sécurisés (évitez ceux des lieux publics). Faites des mises à jour régulières
  • vérifiez la provenance de vos mails et si vous vous méfiez des pièces jointes lorsque l’expéditeur est un inconnu
  • ne vous fiez qu’aux sites internet sécurisés
  • lisez les conditions générales d’utilisation : elles sont malheureusement souvent très longues et fastidieuses à lire, mais il est peut-être possible de les parcourir !

Au-delà de ces consignes et d’une manière plus générale, il est important de toujours se poser la question de nos besoins par rapport aux outils numériques et à leurs services. Les usages que nous en faisons sont-ils toujours :

  • Absolument nécessaires ?
  • Pourrions-nous parfois nous en passer ?
  • À quels moments ?
  • Dans quelles circonstances ?

Car il est certain que moins vous utilisez le numérique moins vous y laissez de traces !

Alors, pour ne pas céder à la tentation de saisir sans cesse votre smartphone ou votre tablette quelques petites astuces :

  • supprimer les notifications de l’écran d’accueil
  • désactiver le son
  • faire un choix draconien dans les applications
  • masquer la webcam

Et n’oublions pas tout ce que nous pouvons faire dans la vie

sans être connecté !

Méfions-nous des amis qui connaissent plus de choses sur nous que nous n’en connaissons sur eux. C’est ce que propose Pascal Perri, dans son livre « Google, un ami qui ne vous veut pas que du bien ». Éditions Anne Carrière, 2013.

Articles précédents :

Les données personnelles, c’est quoi au juste ? (1)

Données personnelles : quand est-ce que je les communique ? (2)

Données personnelles : pourquoi faire attention ? Je n’ai rien à cacher moi ! (3)

Données personnelles : pourquoi faire attention, je n’ai rien à cacher moi ? (3)

Pourquoi dois-je faire attention ? Je n’ai rien à cacher moi !

Plusieurs raisons doivent t’encourager à être très prudent(e)s.

  • Parmi les informations que tu livres, certaines sont dites « sensibles ». Ce sont toutes les données qui concernent la santé, la religion, la vie sexuelle, les opinions politiques…
  • Tu ne sais pas entre quelles mains elles peuvent tomber aujourd’hui ni même demain ! Elles pourraient être utilisées contre toi, pour te nuire. Et oui ! Tout ce que tu fais sur internet laisse des traces pour toute la vie !
  • Tu ne dois pas seulement faire attention pour te protéger, mais aussi pour protéger tout ton réseau de relations : ta famille, tes amis…
  • Si les données personnelles intéressent les entreprises commerciales pour nous vendre leurs produits plus efficacement, elles intéressent ou peuvent intéresser également les États afin d’exercer une surveillance.
  • Tous les internautes ne sont pas bienveillants. Certaines personnes peuvent être malintentionnées (harcèlement, soustraction d’argent par des moyens illégaux, conduites perverses…).

C’est pourquoi il est important de

 protéger sa vie privée et celle de nos contacts !

Prochainement :

Alors, je fais comment ? (4)

Données personnelles : quand est-ce que je les communique ?(2)

Mais quand est-ce que je donne des informations personnelles ?

  • Dès le départ en remplissant le formulaire d’inscription sur un réseau social ! D’ailleurs, as-tu remarqué que lors de ton inscription sur un réseau social, tu dois lui donner l’autorisation d’accéder à toutes tes conversations, toutes tes photos, tous tes contacts ? Et si tu refuses, que se passe-t-il ? Tu ne peux même pas t’inscrire ! Tu trouves ça normal toi ?
  • Par les cookies (petits logiciels) placés sur le disque dur de ton ordinateur lorsque tu visites des sites. Ils visent à obtenir des informations sur qui tu es, ce que tu fais, tes préférences dans différents domaines. Les cookies sont des petits logiciels qui s’installent automatiquement sur ton ordinateur lorsque tu visites des sites. Ils permettent de savoir sur quel site tu étais avant, tes habitudes de navigation, où tu te trouves physiquement au moment où tu consultes le site… Donc s’ils améliorent la navigation ils peuvent également présenter une menace pour les données plus confidentielles.
  • Tu donnes parfois des informations sans t’en rendre compte par le biais des messages que tu envoies, des photographies et selfies que tu réalises. Par exemple, si tu prends une photo de toi dans ta chambre, tu livres un tas d’indications sur ton environnement, le niveau de vie de ta famille, ton style de vie, tes préférences et goûts vestimentaires et autres…

Prochainement :

Pourquoi dois-je faire attention ? Je n’ai rien à cacher moi ! (3)
Alors, je fais comment ? (4)

Article précédent : Données personnelles, pourquoi être prudent ? (1)

 

 

Les données personnelles : c’est quoi au juste ? (1)

Nous entamons à présent une série d’articles afin de répondre aux questions des jeunes sur les données personnelles. Un grand merci à Léna (14 ans) et Maya (11 ans) qui ont participé à la réalisation de ces articles et de leurs illustrations.

Donnés personnelles

Une donnée à caractère personnel, qu’est-ce que c’est ?

Une donnée personnelle est une information qui concerne une personne physique.

Les données personnelles peuvent être recueillies soit directement : nom, prénom, photographie du visage…  soit indirectement : numéro de téléphone, de sécurité sociale, adresse postale ou électronique…

Il est donc possible d’identifier une personne par une seule donnée ainsi que par le croisement de plusieurs données. Plus le nombre de données est important, plus le profil de l’internaute est précis et plus il a de la valeur.

Pourquoi les données personnelles sont-elles si importantes ?

Elles sont importantes parce qu’elles sont ensuite vendues à des entreprises qui vont les utiliser à des fins publicitaires.

Avec les médias que sont la presse, la radio, la télévision et même le cinéma, la publicité vise une masse indifférenciée de lecteurs, d’auditeurs, de  télé-spectateurs.

Avec Internet, la publicité est ciblée, c’est-à-dire qu’elle va s’adresser à une personne précise.

Quand tu surfes sur Internet ou que tu t’inscris sur un réseau social, tu donnes volontairement ou nom des informations sur toi. Le croisement de toutes ces informations va permettre d’établir un profil assez complet de toi (identité, goûts personnels, activités, magasins fréquentés, religion…), mais aussi de ton entourage, de image 1ton environnement.

Facebook, WhatsApp, Instagram, par exemple, recueillent donc un tas d’informations te concernant, ces informations sont croisées, analysées, puis revendues par paquets à des entreprises susceptibles d’être intéressées par ton profil.

C’est pourquoi la promesse de gratuité est un leurre Tu ne payes rien lorsque tu t’inscris sur un réseau social, en revanche il exploite à ton insu toutes les informations que tu fournis.

Si c’est gratuit c’est que c’est toi le produit !

Prochainement  :

Mais quand est-ce que je donne des informations personnelles ? (2)

Pourquoi dois-je faire attention ? Je n’ai rien à cacher moi ! (3)

Alors, je fais comment ? (4)