Rentrée scolaire 2016 : quelle place pour les écrans ?

La rentrée, ce n’est pas seulement la reprise des activités scolaires, ce sont aussi les réinscriptions aux clubs sportifs, aux centres de loisirs, aux ateliers artistiques, etc. Ainsi, la famille se réorganise en fonction des contraintes de travail des parents et des plannings hebdomadaires des uns et des autres.

La rentrée c’est aussi celle des médias avec leurs grilles de programmes (radio, télévision…), et plus largement celle des écrans numériques de plus en plus nombreux avec leurs applications et autres jeux… A travers ces quelques lignes j’aimerais tout simplement vous inviter, chers lecteurs, à ne pas traiter à la légère les choix parentaux qui s’imposent dans ce domaine comme ailleurs.

Dessin Ambre

Dessin de Ambre (14 ans) -Merci Ambre !

Comme vous pouvez le penser, les contenus médiatiques sont susceptibles de contribuer, ou non, à nourrir l’imaginaire des enfants, à développer leur créativité et à les enrichir intellectuellement. Leur épanouissement, leur bien-être dépendent, en partie, de l’usage qu’ils feront de ces écrans en terme non seulement de contenus mais également de temps passé et de périodes d’utilisation.

Les enfants, mais aussi les adolescents, ont besoin de rythmes de vie équilibrés et que soient satisfaits leurs besoins physiologiques. Si nous n’y prenons pas garde, les écrans numériques, par leur facilité de manipulation, d’accès… risquent d’empiéter sur les temps de repas et de sommeil. Les enfants ont aussi besoin d’ouverture culturelle, de sources de divertissement et de loisir diversifiés. Les choix en matière d’écrans doivent prendre en compte ces différents besoins.

En cette rentrée scolaire, je vous invite à prêter une attention toute particulière à l’environnement médiatique des enfants ainsi que des adolescents de votre entourage. Il est possible et même souhaitable de faire en sorte que les écrans numériques soient utilisés à bon escient, pour une exposition à des contenus adaptés.

Dans cette perspective, qu’en est-il du jeu Pokemon Go qui s’est développé de manière vertigineuse depuis le mois de juillet dernier ? Répétons-le, ce qui compte avant tout,  c’est de veiller à assurer aux jeunes scolarisés des conditions favorables au développement des qualités d’attention, de concentration nécessaires aux apprentissages. Assurément, s’il n’est pas rigoureusement contrôlé, limité, le jeu Pokémon Go risque d’être un élément perturbateur. Alors pourquoi ne pas adopter un nouveau slogan : « POKEMON : IGNOREZ-LES TOUS ! »

BONNE RENTRÉE !

A lire ou à relire : Programmes enfants

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Le poème de l’été

Poême

Léna est en vacances … elle vous invite à lire ce poème qu’elle a composé pour ce blog.

Merci Léna !

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Un Paris-Dakar pour les livres de l’amitié !

Une fois n’est pas coutume, parlons de livres. Après-tout, ne représentent-ils pas une merveilleuse alternative aux écrans, ici comme ailleurs ?

Un collège de Dakar dénommé CEM PA U19 a pris l’initiative de lancer un concours de lecture auprès de ses élèves qui, d’après leurs professeurs, lisent de moins en moins. L’objectif ? leur faire découvrir les livres, leurs auteurs et éveiller l’intérêt des collégiens pour la littérature. Seulement la bibliothèque de l’école ne comptait pas suffisamment de livres pour se lancer dans cette aventure. Ce projet méritait bien un coup de main.

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Quelques amis de chez nous, sensibles à cette démarche, ont réussi à organiser une belle collecte et à la leur envoyer. La bibliothèque du collège de Dakar s’est bien étoffée ! Un autre envoi est en cours.

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Il semblerait que ce qui fait défaut actuellement dans cet établissement, ce sont des livres de qualité pour les enfants de 8 à 15 ans.

Si vous en disposez n’hésitez pas à vous faire connaitre via ce blog.

En attendant, les vacances sont là… Profitez-en pour faire une trêve d’écrans, troquez-les contre des livres par exemple, la lecture c’est bien aussi !

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« Seuls à la maison », une émission à décrypter (1)


La famille au cœur de la consommation

Décidément, quand il s’agit de faire du chiffre les chaînes ne reculent devant rien. Qu’elles appartiennent au réseau de télédiffusion privé ou à celui du service public, les mêmes logiques économiques prédominent. « TF1 fait de la télé-réalité uniquement pour faire de l’audience » affirmait clairement Édouard Boccon-Gibod » alors secrétaire général de l’antenne à TF1.[1] C’est bien la raison d’être de toute émission de télé-réalité. « Seuls à la maison » diffusée sur la chaine publique France 4  n’échappe pas à cet impératif.

La mise en scène d’enfants avec leur famille n’est pas nouvelle. Souvenons-nous de « On a échangé nos mamans » et de la très célèbre « Super Nanny » en passant par « Tahiti Quest ». Il est vrai que la cellule familiale est au cœur de la consommation. Dans « seuls à la maison » comme dans bien des programmes similaires, les marques ont tout loisir de se rappeler aux bons souvenirs des téléspectateurs en paradant naturellement tout au long de l’émission. L’exposition télévisuelle des familles avec leurs grands et petits bonheurs, leurs  plus ou moins gros tracas, assure sans aucun doute la dose d’émotions dont l’audience a besoin pour rester accrochée à l’écran.

Mais de toute évidence la télé-réalité ne se limite pas aux partenariats, aux placements de produits divers ainsi qu’aux produits dérivés en tous genres auxquels elle donne lieu. Ce style de programme favorise la diffusion de messages plus teintés idéologiquement qu’il n’y parait. Une certaine conception du rapport au monde et à l’environnement, des relations humaines et sociales, de la manière de se comporter y est promue aux dépens d’autres volontairement écartées.

L’émission « seuls à la maison » est traversée par un discours que nous pourrions résumer ainsi : « Les parents surprotègent leurs enfants. Ils ne les voient pas grandir. Il faut au contraire leur faire confiance. Ils sont capables de se débrouiller seuls. » À quel dessein peuvent bien répondre de telles assertions ? Quels risques peuvent-elles représenter si elles ne sont pas accompagnées d’une réflexion plus complète et plus approfondie sur l’éducation des enfants, sur les relations parents-enfants ?

La dépendance des programmes de télé-réalité aux grands annonceurs et aux pratiques mercantiles qu’ils favorisent en priorité conduit les concepteurs à délivrer des messages destinés à annuler toutes les résistances susceptibles de freiner les comportements de consommation attendus. Les plus jeunes sont des prescripteurs d’achat, ce sont aussi des consommateurs dans le présent, à moyen et à long terme. Les positionner comme « capables de… » ne revient-il pas à leur donner un statut et un pouvoir en réalité discutables, mais sans aucun doute favorables aux acteurs des médias et du monde marchand ?

Au cours du premier épisode, ces enfants de 8 à 12 ans se sont vu attribuer une certaine somme d’argent pour faire des courses dans un supermarché et dans un magasin d’accessoires de fête. Certes, ils ont été en mesure de ne pas dépasser le budget alloué. Cela suffit-il cependant à qualifier cette activité d’éducative ? Une vraie éducation à la consommation ne devrait-elle pas intégrer une réflexion sur la qualité des marchandises, leur provenance, la gestion des déchets qu’ils supposent, etc. ? De même, organiser une soirée festive entre camarades nécessite-t-il d’en passer par l’achat de produits standardisés dans les grandes surfaces spécialisées ? Les enfants ne sont-ils pas inventifs, créatifs et doués de savoir-faire personnels plus étendus que la simple réalisation de gâteau ?

On aura remarqué que ces jeunes comédiens improvisés avaient tous été équipés de tablettes et de smartphones. Sans doute est-ce là une des manifestations du monde moderne dans lequel ils vivent. Faut-il pour autant banaliser l’usage de ces technologies sophistiquées ? Chacun sait que ces écrans ne sont pas sans risques s’ils ne sont pas adaptés à l’âge et accompagnés d’une présence adulte dans leur utilisation. Enfin se posera-t-on la question de l’ouverture culturelle proposée ici à ces mineurs connectés, mais éloignés des livres ? (pas de bibliothèque dans cette spacieuse demeure pourtant bien équipée par ailleurs).

On le voit, un programme de télé-réalité est l’aboutissement d’une succession de choix, lesquels répondent aux intérêts des producteurs, diffuseurs et annonceurs et non pas à ceux des enfants et de leurs familles comme on voudrait nous le faire croire.

L’émission « Seul à la maison » se prête particulièrement bien au décryptage et peut servir de cas d’école pour une éducation à l’image et aux médias, pourquoi nous en priver ?

La suite avec le prochain article !

Autres articles à lire ou à relire sur ce blog :

Tahiti Quest : quelle leçon de vie pour les enfants ?

Tahiti Quest : le CSA interpellé

Familles et télévision, l’exemple de Super Nanny

 

 

[1] ROUW D., TEYSSIER E., « Les enjeux de la télé-réalité », Paris, Economica, 2003, p. 16, (propos rapporté par Alexandra FAURE, « La télé-réalité : la télé de la réalité ? » mémoire de sciences politiques, Université Lyon II 2006).

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Des écrans pour les jeunes enfants ? Mais que voient-ils ?

Les enfants ne voient pas comme nous !

Ella ses yeux

D’aucuns prétendent que les écrans tactiles (dits interactifs) comme la tablette seraient appropriés pour les bébés quand la télévision et les DVD (dits non interactifs) ne le seraient pas [1]. Cette catégorisation, en apparence logique, n’est absolument pas pertinente pour les enfants en bas âge. Pour nous en convaincre attachons-nous à prendre en compte les compétences qu’acquiert l’enfant tout au long de son développement.

Prenons le cas de la vue puisque c’est le sens le plus sollicité par les écrans. Qui se pose la question de ce que voit l’enfant selon son âge ? Pour rappel donc brièvement et dans le cas d’une vision normale.

A 6 mois l’enfant a acquis la vision en relief. A 1 an son champ visuel se rapproche de celui de l’adulte mais sa vision périphérique est peu précise, il ne saura l’utiliser tout à fait que plus tardivement (vers 8 ans). Même chose pour les couleurs dont il aura une perception totale autour de 3 ans. Quant à l’acuité visuelle, elle est de 4/10ème à 1 an et de 6/10ème à 2 ans. C’est seulement vers 5-6 ans qu’elle sera pleinement mature. Sur ce point le site des équipes de réfraction et de strabologie du CHU de Nantes nous apporte une représentation saisissante de l’acquisition progressive de l’acuité visuelle chez les enfants.

Mettons-nous à la place du tout petit enfant, quel intérêt pour lui d’être exposé à des images qu’il ne peut voir convenablement ?

Par ailleurs n’oublions pas que le développement de la vision est étroitement associé aux activités psychomotrices. La capacité progressive de l’enfant de se mouvoir, de se déplacer à quatre pattes, puis de marcher pour découvrir le monde qui l’entoure, va contribuer à une bonne acquisition de ses compétences visuelles.

 

Comment savoir quel type d’écran convient à notre enfant ? Quel contenu, quelle application lui proposer ? Vous pouvez vous référer aux articles précédents :

Quels écrans, quels contenus, à quel âge ? Quelques repères (1)

Quels écrans, quels contenus, à quel âge ? Quelques repères (2)

[1] L’enfant et les écrans, Avis de l’Académie des sciences, 2013.

 

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A propos de harcèlement sur le web

Je vous recommande vivement cet article de Sophie JEHEL maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 8. Elle s’interroge sur l’insuffisance de la régulation face aux problèmes de harcèlement sur le web qui affectent sévèrement les adolescents.

Des faits de harcèlement sur le web émaillent régulièrement la rubrique des faits divers. Depuis les drames de Jessi Slaughter (2010) et d’Amanda Todd (2012) en Amérique du Nord, l’idée d’une mise en danger des jeunes par le harcèlement sur les réseaux sociaux est devenue un leitmotiv de la prévention sur internet et un sujet d’inquiétude pour les adolescents. Lire la suite…

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Parents, ne laissez pas vos enfants seuls devant les programmes et chaînes jeunesse !

Lorsque l’on ose s’installer devant la télévision pour regarder les programmes que les chaînes destinent aux enfants on est loin d’imaginer ce que l’on va y trouver. Vous connaissez la chaîne Gulli ? Les enfants en parlent souvent car ils y passent beaucoup de temps. Récemment j’ai décidé de faire comme eux. Le 25 février dernier j’ai suivi les programmes présentés dans la rubrique jeunesse de 9 h à 12 h. La visite vaut son pesant d’or.

Je passerai sur tous ces dessins animés d’une grande pauvreté diffusés en continu entre bandes annonces et écrans publicitaires pour m’arrêter sur l’un d’entre eux : « Sprout à craqué son slip ». Je croyais que la médiocrité avait atteint ses limites mais avec cette série québécoise au titre original tout aussi prometteur « Mon derrière perd la tête » la sidération est à son comble. De quoi s’agit-il au juste ? Le personnage principal Zack Freeman a pour meilleur ami sa propre paire de fesses Sprout. L’ambition de Zack est de combattre les méchants fessiers et de devenir le plus grand botteur de fesses du monde. Tout un programme en vérité. La première saison est constituée de 52 épisodes de 11 minutes. Au total 572 minutes de débilités affligeantes. Et ce n’est pas terminé puisque la seconde saison est en cours. Les titres des épisodes laissent rêveur : « Maître péteur en rythme, le derrière de grand-mère rigole, péter à souhait, tornade de gaz, que le meilleur pue » et j’en passe ! Or j’avoue ne pas être rassurée lorsque dans l’épisode du jour l’un des personnages se voit affublé d’une paire de fesses en guise de tête.

Ce cas outrancier nous conduit à nouveau à pointer la responsabilité des professionnels de la télévision et de leurs partenaires. Mais il nous invite aussi à nous interroger sur notre responsabilité d’adultes citoyens. Nous qui côtoyons les enfants dans leur quotidien, nous qui assumons des fonctions d’accompagnement, d’éducation, de soins, que faisons-nous devant cette atteinte à l’enfant et au monde de l’enfance ? Pourquoi fermons-nous les yeux devant ces innombrables heures d’antennes pendant lesquelles défilent des personnages grotesques portés par des scenarii aussi pitoyables les uns que les autres ?

Cessons de nous désintéresser des programmes et chaînes jeunesse, arrêtons de feindre l’ignorance. Au contraire réagissons ! Essayons de mieux connaître les univers télévisuels proposés aux enfants pour faire entendre nos voix auprès des décideurs professionnels et politiques. Faisons en sorte que l’article 17 de la Convention internationale des droits de l’enfant soit respecté. Peut-être alors pourrons-nous espérer la télévision de qualité à laquelle les enfants ont droit.

Article 17

Les États parties reconnaissent l’importance de la fonction remplie par les médias et veillent à ce que l’enfant ait accès à une information et à des matériels provenant de sources nationales et internationales diverses, notamment ceux qui visent à promouvoir son bien-être social, spirituel et moral ainsi que sa santé physique et mentale. A cette fin, les États parties :

Encouragent les médias à diffuser une information et des matériels qui présentent une utilité sociale et culturelle pour l’enfant et répondent à l’esprit de l’article 29 ;

Encouragent la coopération internationale en vue de produire, d’échanger et de diffuser une information et des matériels de ce type provenant de différentes sources culturelles, nationales et internationales ;

Encouragent la production et la diffusion de livres pour enfants;

Encouragent les médias à tenir particulièrement compte des besoins linguistiques des enfants autochtones ou appartenant à un groupe minoritaire;

Favorisent l’élaboration de principes directeurs appropriés destinés à protéger l’enfant contre l’information et les matériels qui nuisent à son bien-être, compte tenu des dispositions des articles 13 et 18.

 

 

 

 

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