Les marques qui s’adressent aux enfants conduisent parfois ces derniers à se détourner de leur propre imagination et créativité pour adopter les produits qu’elles commercialisent à leur intention.

Il en est ainsi de ce spot publicitaire pour Quick et sa Magic Box. Des enfants, un garçon et une fille, sont en train de jouer à la princesse et au pirate. A cette fin, ils se sont fabriqués des petits personnages avec des bouchons en liège mais ceux-ci finissent pas se casser. Sur ces entrefaites un ado arrive et leur lance d’un air moqueur : « Il sont trop nases vos jouets ». C’est alors que la marque Quick présente sa Magic Box contenant des jouets Playmobil.

Dans une émission documentaire fort instructive intitulée « Les enfants de la surconsommation », à propos des publicités pour jouets une spécialiste, Susan Linn, fait observer : « On leur dit [aux enfants] que leur imagination n’est pas à la hauteur, que ça ne suffit pas d’avoir un bâton ou une baquette magique, il faut avoir la vraie ».

A force de répétition, ce type de message peut être très dommageable pour les enfants qui, au contraire, ont besoin de s’appuyer sur leur imagination, de fabriquer de leurs propres mains, d’expérimenter… Plus encore, cette parole publicitaire peut conduire l’enfant qui la reçoit à avoir une piètre idée de lui-même et de ses compétences.

Cela dit nous pouvons, pour notre part, adopter une attitude positive et constructive face au pouvoir d’influence de la publicité. Ainsi, à partir de ce spot publicitaire il sera possible de vérifier ce que l’enfant en a compris et de lui demander ce qu’il en pense. Au cours de cet échange le parent a aussi la possibilité de lui faire part de son point de vue. De cette manière l’enfant est mis en situation d’exercer sa pensée et d’apprendre le discernement. C’est ce qu’on appelle : l’éducation aux médias.

NB : en écrivant cet article je découvre que je ne suis pas la seule à avoir repéré cette publicité. Le JEP (Jury d’éthique de la publicité, organe d’autodiscippline du secteur de la publicité de Belgique) a reçu une plainte d’un consommateur, plainte qu’il a classée comme non recevable. L’autorégulation a ses limites ! Notons cependant que si les observations et réclamations arrivaient en plus grand nombre auprès des instances professionnelles de régulation elles auraient aussi probablement plus de poids.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s