La question des écrans était à l’ordre du jour des Informés le 7 février sur France TV Info. Ce sera le dernier sujet de l’émission, discuté entre les quatre journalistes présents sur le plateau après une courte interview de Michel Desmurget.

Paul Quinio (directeur délégué de la rédaction de Libération), a fait part de son inquiétude sur les capacités d’apprentissage des enfants trop souvent devant les écrans, ce qui constitue selon lui « un enjeu majeur » ; Valérie Astruc (France télévisions) a rappelé que selon l’enquête IPSOS  dont il était question ce jour-là, « les parents sous-estiment la quantité d’heures passée devant les écrans et surtout, ils ne savent pas ce que leurs enfants regardent » ; Mytiam Pyzadeh (journaliste chroniqueuse à France 24) a insisté quant à elle sur les risques encourus par les tout-petits et sur la nécessité de les protéger. Tout cela fut rapide, mais ces remarques ont eu le mérite d’alerter sur les effets délétères d’une surexposition aux écrans.

Janick Alimi, (rédactrice en chef adjointe du service politique du Parisien Aujourd’hui dimanche), quant à elle, a clôt ce court débat de façon très singulière : « De toute manière on ne pourra pas aller contre ça. Et contrairement à ce qui vient d’être dit, à condition d’en limiter l’accès, ça peut permettre au contraire à l’esprit des enfants, des jeunes, et de tous les adultes que nous sommes, d’apprendre mieux. Il y a un aspect pédagogique à travers les écrans qui est incontestable et puis également une forme de sociabilité. Les réseaux sociaux ça peut être le pire… (la suite est inaudible, c’est la fin de l’émission). Mais les auditeurs pourront à nouveau entendre « De toute façon on ne pourra pas lutter contre ça. » Fin de l’émission.

Ce commentaire pour le moins expéditif mérite qu’on s’y attarde. Cette journaliste connait-elle le sujet ? Sur quoi se base-t-elle pour asséner ces affirmations qui s’apparentent davantage à un point de vue subjectif qu’à une analyse journalistique circonstanciée.

Des chercheur-e-s, universitaires, experts travaillent depuis de longues années sur les rapports enfants et écrans ; des professionnels et cliniciens constatent quotidiennement la place croissante que prennent ces écrans dans la vie des enfants et de leur famille ; d’autres ont à « réparer » des enfants abimés par une surexposition aux écrans. Tous savent que le problème est complexe et qu’il mérite d’être nuancé.

  • De quels écrans parle-t-on ?
  • De quels contenus ?
  • Pour quels âges ?
  • Dans quels contextes familiaux ?
  • Avec quels enjeux économiques ?
  • Quels intérêts financiers et pour qui ?
  • Sous quelles pressions marketing ?
  • Quelles méthodes de persuasion ?
  • Quelles stratégies pour capter et retenir l’attention ?
  • Etc

Ne soyons pas aveugles, lorsque la santé des enfants est en jeu, et elle l’est véritablement, on ne peut pas se satisfaire d’un « De toute façon, on ne pourra pas lutter contre ça ». Il est de notre responsabilité adulte d’exercer notre vigilance de façon à préserver le bien-être et la santé des enfants.

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