Un colloque pour penser la réduction du temps écran

Les séquelles qui résultent d’une surexposition aux écrans sont trop importantes chez les enfants qui en font les frais pour que nous les ignorions.

Tout doit être mis en œuvre pour réduire le temps d’écran.

L’association ALERTE ÉCRANS organise en association avec EDUPAX un colloque le 5 mai 2018 à Paris (19e). « Les impacts des écrans sur la jeunesse : ENJEU MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE »

Des chercheur(e)s, professionnels et autres experts de l’enfance y participeront pour partager les résultats de leurs travaux, études et observations.

Ce sera également l’occasion d’envisager les moyens concrets à notre portée pour engager enfants et adultes dans une réduction sensible des écrans (hors activité professionnelle) par :

  • le Défi sans écrans
  • L’information et la formation, afin d’apprendre à décrypter le monde numérique qui nous entoure
  • Et toute autre initiative qui irait dans le sens d’une plus grande maitrise des écrans dans notre quotidien

Alors, n’hésitez pas, inscrivez-vous : ici !

Les jeunes et les SMS : le français en péril

photo-d-gningLes échanges « télégraphiques » des jeunes via leurs téléphones portables mettent la langue française en péril, c’est le point de vue d’une enseignante de français dans un collège à Dakar.

Par définition la communication c’est d’établir un contact avec autrui, contact utile et complet. Mais si celui-ci est inutile et incomplet, on ne peut parler de communication. Le téléphone portable est un instrument de non-communication, et il est en train de devenir le meilleur ami obligé de l’homme, particulièrement des jeunes. Les jeunes sont concernés, car cet outil a véritablement révolutionné leur quotidien. En effet il offre, avec ses multiples fonctions, autant de possibilités de s’isoler. L’utilisateur se coupe de son environnement immédiat accaparé par l’écran. « En se focalisant sur le virtuel il risque de négliger le réel ». Le téléphone portable affecte les rapports sociaux.

Aujourd’hui, bien des choses ont changé : les manières d’être, l’habillement, et même le langage. Les jeunes envoient en moyenne près de 100 messages par jour et consultent leur mail environ 40 fois. Cette utilisation excessive est due aux réseaux sociaux. La dépendance au téléphone portable entraîne des difficultés de concentration et d’apprentissage chez les jeunes. Et comme envoyer des messages devient leur passe-temps favori, ces jeunes passent plus de temps devant ces gadgets électroniques qu’avec leurs livres scolaires, et ils ont souvent des difficultés pour faire la différence entre les moments adéquats pour utiliser le téléphone et les moments de le ranger. Bien entendu la confiscation et la restitution sont une source de conflit et de crispation continue. Tous ces inconvénients sont à l’origine de nuisances supplémentaires.

Cependant si le téléphone portable favorise le dialogue avec les internautes, son utilisation devient négative lorsqu’il y a abus d’usage :

  • les jeunes usent avec excès des portables ce qui entraîne une dépendance et des angoisses de séparation ;
  • les SMS envoyés et reçus sont rédigés dans une langue qui est codée. Pour décrypter ce code, il faut être dans un groupe d’amis.

La langue française est mise à l’épreuve : les règles d’orthographe et de grammaire sont écartées et cèdent la place à des signes ou des mots  incompréhensibles. Un tel abus d’usage crée un nouveau langage que les jeunes comprennent entre eux. C’est le constat que fait un élève en classe de 4e dans notre collège : « les nouvelles applications comme Facebook, imo, Instagram, etc. permettent de communiquer à l’oral ou à l’écrit. Mais n’ayant pas assez de crédit et voulant dire beaucoup de choses, on est obligé de créer notre propre langage code comme mdrrr ou lol qui veut dire  « mort de rire » ou tmtc « toi-même »,  etc. On peut écrire tout un message sans même écrire un mot correctement ». Ceci plonge les professeurs de français dans le désarroi. Certains élèves commencent même à abréger leurs leçons en utilisant cette orthographe. On constate qu’aujourd’hui le français est négligé par les jeunes : on n’écrit plus de lettres entre amis, plus de lecture comme passe-temps. Les jeunes sont occupés à surfer sur le Net au lieu d’essayer de s’essayer à la poésie en s’inspirant des grands poètes. Ceci met la langue française en péril, elle est menacée par ce nouveau langage créé par les internautes. Que va-t-elle devenir à plus long terme ? En tant qu’enseignante, c’est une question que je me pose.

Mme Thiam Aissatou Gning

Lire aussi :

Les écrans dans la vie des jeunes : témoignage

Les écrans et les jeunes

Les jeunes et les médias au Sénégal : rencontres (2)

Les préoccupations des adultes relatives à l’exposition des enfants et des adolescents aux écrans ne concernent pas seulement les pays occidentaux. Elles sont partagées par tous dès lors que les technologies numériques d’information et de communication se présentent comme incontournables, garantes de modernité, dans une économie mondialisée.

 

21e causerie NYARA « Familles, jeunes et médias »

Au Sénégal, si la radio et la télévision demeurent les médias dominants, le smartphone semble progresser très rapidement, suivi par la tablette numérique et autre ordinateur. De ce fait, et parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets, des questions émergent, teintées parfois d’inquiétude. « A la maison, chacun à son écran, on ne se parle plus »; « Mon enfant a vu un dessin animé qui heurte nos propres valeurs de parents »; Les enfants regardent la télévision trop tard le soir alors qu’ils doivent se lever très tôt le lendemain pour aller à l’école »; « Je crains la force du marketing en direction des enfants, je voudrais en protéger ma fille », etc. Ce sont, en substance, les propos que l’on entend de part et d’autre.

On le voit, les échanges entre parents, entres jeunes, sont essentiels, car ils favorisent une ouverture vers la verbalisation des questionnements, des craintes, des émotions., c’est pourquoi toutes les initiatives de rencontres sur ces sujets sont si importantes. Ensuite le partage d’information, de connaissances permet d’éclairer les esprits et de donner du sens aux attitudes éducatives qui s’ensuivent.

Remercions ici Aïcha de Nyara à Dakar et Seynabou de la communauté de mamans du Sénégal pour leur dynamisme et leurs démarches positives et constructives. Ces rencontres sont tellement stimulantes et  si enrichissantes !

« Familles, jeunes et médias » : consulter la page Facebook de Nyara, Post du 31 mars

« L’impact des écrans sur les enfants et nos familles : voir le live sur YaayTV

Une association pour réduire le temps d’écran

Dans un article précédent, nous avions informé de la création d’un nouveau site internet alertecran.org. En ce début d’année, nous nous tournons vers les projets innovants intéressés par une réflexion sur la place prise par les écrans et technologies numériques dans la vie des enfants et des adolescents. C’est pourquoi nous avons demandé à Anne Lefèbvre, présidente d’ALERTE (association pour l’éducation à la réduction du temps-écran), de nous présenter cette jeune association.

moins-decran-plus-dautres-choses

Moins d’écrans c’est plus d’autres choses !

Vous êtes présidente de l’association ALERTE, pouvez-vous nous dire ce qui a motivé sa création ?

Je me suis investie plusieurs années comme parent d’élève à l’école de ma fille 40bis Manin à Paris (19e) dans l’organisation d’un « défi sans écran » qui avait été impulsé depuis 2009 sur cette école par une déléguée des parents d’élève et le directeur de l’école. Leur attention avait été attirée par des animateurs lors d’une visite de cantine au sujet de jeux de catch dans la cour de récréation, répliques de programmes audiovisuels violents et dangereux. La représentante des parents d’élèves s’est alors mise en contact avec Eco-Conseil à Strasbourg et avec le directeur d’école de la commune qui lança en 2008 en France le premier défi sans écrans dont elle avait entendu parler à la radio.

Puis j’ai contacté Jacques Brodeur qui est venu rencontrer l’équipe pédagogique et les parents élus disponibles. Le tissu associatif local, la mission ville, qui avaient précédemment été mobilisés, ont poursuivi leur action conjointe jusqu’en 2014 où nous avons coorganisé un colloque avec la fondation de Jacques Brodeur Edupax, à la salle des fêtes de la Mairie du 19e. C’est à la suite de ce colloque que nous avons fondé ALERTE, association pour l’éducation à la réduction du temps-écran en vue de soutenir durablement les valeurs de l’école.

Comme psychologue en pédopsychiatrie dans le Val de Marne, je constate tous les jours l’ampleur du challenge qui est devant nous pour aider les familles à résister au tsunami numérique : c’est donc tout naturellement que j’ai repris la présidence de cette association après le départ des deux autres membres fondateurs.

Le tout numérique ne tient pas ses promesses concernant les apprentissages. Les familles anxieuses de la réussite scolaire de leurs enfants luttent tous les jours contre l’usage exclusivement récréatif et chronophage que les enfants en font en réalité. Elles doivent être informées des dommages que cela cause d’autant plus gravement que l’imprégnation aura été précocement intensive. Orthophonistes, psychomotriciens alertent sur les retards de développement, les enseignants sur les difficultés d’attention et l’excitation ainsi que sur la perte du sens de l’effort scolaire…

 

Quel est l’objectif principal de l’association ALERTE ?

  • Soutenir l’organisation de défis sans écrans dans les établissements scolaires pour offrir aux élèves et à leurs familles une expérience de déconnexion afin de prendre conscience de la place que les écrans prennent dans la vie des enfants, des adolescents et de leurs parents.
  • Informer les jeunes et leurs familles sur les dégâts causés par la consommation excessive des écrans (télévision, ordinateur, smartphones, tablettes, platine de jeux vidéo, etc.). En effet les conséquences d’une surexposition aux écrans peuvent être très lourdes pour les jeunes : temps pris sur le sommeil, sur la communication intrafamiliale, sur la lecture, les devoirs, les activités ludiques, sportives ou créatives.  Des impacts négatifs en découlent : sédentarité, surpoids, tyrannie des publicités, difficultés cognitives, attention, concentration, mémorisation, retard de développement du langage et de la motricité fine et globale, difficulté à réguler le temps passé, puissance addictive et multiplicité des écrans, exposition à la violence, troubles anxieux, baisse de l’empathie, mimétisme, intolérance à la frustration, échec et décrochage scolaire…

 

Quels sont les projets à court et moyen terme d’ALERTE ?

Nous essayons d’organiser tous les deux ans au moins un colloque sur ces thématiques à la mairie du 19e et de soutenir indirectement des initiatives locales partout en France

 

Qui peut adhérer et comment ?

L’adhésion annuelle de soutien est de 20 euros, une adhésion collective pour un groupe scolaire de 200 euros. Cela permet de prendre en charge les frais d’impression des  plaquettes d’information aux familles. Nous avons une page Facebook et un site internet régulièrement mis à jour : alertecran.org (site),   et @ALERTE.REDUCTION.TEMPS.ECRAN (page FB). N’hésitez pas à faire  remonter vos expériences locales, nous sommes réactifs. Il est possible de nous solliciter pour des interventions ponctuelles dans les écoles et pour des conférences : un certain nombre de conférenciers siègent à notre CA. Nous diffusons aussi par mail « Les 4 temps », kit de prévention : clip vidéo, affiche et dépliant, conçus par Sabine Duflo et présentés lors du colloque d’octobre 2016.

 

Que souhaitez-vous transmettre comme message en ce début d’année 2017 aux lecteurs de ce blog ?

ALERTE et EDUPAX  organiseront en octobre 2017 un nouveau colloque sur la thématique des adolescents face aux écrans à la mairie du 19e arrondissement de Paris, nous les invitons vivement à y participer et/ou à faire remonter leurs expériences, observations et analyses.

img_1419 Merci Anne !

 

 

Les écrans dans la vie des jeunes, témoignage

Mme Thiam Aissatou Gning, enseignante dans un collège à Dakar porte un grand intérêt à la place que prennent les écrans dans la vie des jeunes. C’est pourquoi elle invite ses élèves à y réfléchir.

Il est important que les jeunes prennent eux-mêmes conscience de l’impact des écrans sur leur vie. De nos jours, ils ont la folie des écrans et passent tout leur temps devant la télévision ou à se connecter sur internet. Or ceci a des conséquences néfastes. C’est aussi l’avis d’un élève du CEM 19 : « Au 21ème siècle avec le développement de la technologie, les jeunes ne peuvent pas faire sans. Les écrans sont partout dans le monde, cependant ils sont aussi néfastes. Face aux écrans, les jeunes sont coupés du monde réel et vivent dans un monde fictif, dans l’illusion. Ils sont dans un rêve qui ressemble à la réalité. » (Ablaye Diallo, élève en 5e A). En effet, les écrans bloquent toute communication entre les jeunes et les adultes. Il faut noter cependant que tout n’est pas négatif.

image

Il y a certes des côtés positifs dans l’utilisation des écrans et les jeunes peuvent en tirer bénéfice : étudier avec les écrans, télécharger des livres, suivre l’actualité nationale et internationale, se divertir avec les jeux, etc…

Cependant les conséquences négatives sont nombreuses, par exemple :

– la déperdition scolaire, voire la baisse de niveau dont on parle depuis longtemps ;

– la dégradation des mœurs due à la mauvaise influence ;

– l’imitation excessive : les jeunes suivent la mode ;

– les problèmes de santé: les jeunes refusent de s’alimenter, problème de vision aussi …

Les jeunes doivent donc prendre conscience des risques qu’ils encourent à rester devant les écrans trop longtemps. De-même les parents doivent veiller sur leurs enfants en réglementant l’utilisation de ces écrans.

 

Une émission de radio : les enfants et les écrans…

Le sujet intéresse, préoccupe…Il provoque parfois le désarroi chez les parents qui ne manquent pas de chercher à bien faire et les grands-parents ne sachant plus de quelle manière communiquer avec leurs chers petits-enfants.

L’émission diffusée ce matin en direct sur Radio France Bleu Armorique a donné la parole aux auditeurs et tenté d’apporter quelques éclairages pour aider chacun à gérer au mieux les écrans et à faire en sorte qu’ils n’empiètent pas trop massivement sur le quotidien.

A écouter ou ré-écouter Les Experts

Pas d’écrans pendant une semaine ? Pourquoi pas ?

Que diriez-vous de relever avec vos enfants le défi de passer une semaine sans écrans? À l’exception bien sûr des tâches professionnelles en nécessitant l’usage !

chiche

C’est ce que proposent aux jeunes lecteurs Christine Sagnier et Caroline Hesnard, auteurs d’un livre intitulé ! « Chiche ! pas d’écrans cette semaine… » édité chez Fleurus. L’histoire c’est Lola qui la raconte. Sa maîtresse propose à toute la classe de se passer d’écrans pendant une semaine. Ce qui est très amusant c’est que, à la maison, personne n’y échappe, pas même les parents et le papi de Lola !

Ce petit livre  m’a bien plu, c’est pourquoi je vous le recommande.

Et si vous avez besoin de conseils pour mettre en place un tel défi, n’hésitez pas à consulter le site de Edupax, il pourra vous être d’une grande aide !

Les écrans et les jeunes

Une correspondante sénégalaise, enseignante dans un collège à Dakar, nous fait part de ses observations et questionnements sur les impacts des écrans. Son témoignage nous montre que les conséquences d’une exposition massive aux écrans ainsi qu’à des contenus inappropriés est préjudiciable aux apprentissages scolaires et trouble les repères culturels de la population concernée.

photo-d-gningMme Thiam Aissatou Gning

Les écrans proposent aux jeunes, voire aux enfants, des programmes dont les contenus sont souvent non adaptés. Au Sénégal la profusion de chaînes de télé rend la concurrence rude. Ces chaînes proposent des émissions culturelles, de divertissement (chant, danse) et des séries  télénovelas) dont raffolent les jeunes. Ainsi ils peuvent rester devant l’écran toute la journée à regarder la télé ou se connecter à internet. Ils négligent de ce fait leurs études et la lecture.  Ils consacrent peu de temps à leurs leçons et devoirs.
La télé diffuse des messages publicitaires dans les espaces dédiés aux jeunes et ceux-ci ont tendance à imiter tout ce qu’ils voient. Ici les jeunes adoptent les comportements des Américains et des Brésiliens, ce qui est en porte-à-faux avec notre culture et notre tradition.
Si seulement les messages des télévisions renforçaient les programmes scolaires ! Malheureusement ce n’est pas le cas. Les jeunes d’aujourd’hui préfèrent les écrans (ordinateur, télé, tablette) aux  livres.  Ils calquent leurs conduites sur les stars et les messages publicitaires que les films américains ou brésiliens diffusent ici.
Je lance un appel aux décideurs et aux parents pour qu’ils soient plus vigilants.

Mme Thiam Aissatou Gning

Parents, ne laissez pas vos enfants seuls devant les programmes et chaînes jeunesse !

Lorsque l’on ose s’installer devant la télévision pour regarder les programmes que les chaînes destinent aux enfants on est loin d’imaginer ce que l’on va y trouver. Vous connaissez la chaîne Gulli ? Les enfants en parlent souvent car ils y passent beaucoup de temps. Récemment j’ai décidé de faire comme eux. Le 25 février dernier j’ai suivi les programmes présentés dans la rubrique jeunesse de 9 h à 12 h. La visite vaut son pesant d’or.

Je passerai sur tous ces dessins animés d’une grande pauvreté diffusés en continu entre bandes annonces et écrans publicitaires pour m’arrêter sur l’un d’entre eux : « Sprout à craqué son slip ». Je croyais que la médiocrité avait atteint ses limites mais avec cette série québécoise au titre original tout aussi prometteur « Mon derrière perd la tête » la sidération est à son comble. De quoi s’agit-il au juste ? Le personnage principal Zack Freeman a pour meilleur ami sa propre paire de fesses Sprout. L’ambition de Zack est de combattre les méchants fessiers et de devenir le plus grand botteur de fesses du monde. Tout un programme en vérité. La première saison est constituée de 52 épisodes de 11 minutes. Au total 572 minutes de débilités affligeantes. Et ce n’est pas terminé puisque la seconde saison est en cours. Les titres des épisodes laissent rêveur : « Maître péteur en rythme, le derrière de grand-mère rigole, péter à souhait, tornade de gaz, que le meilleur pue » et j’en passe ! Or j’avoue ne pas être rassurée lorsque dans l’épisode du jour l’un des personnages se voit affublé d’une paire de fesses en guise de tête.

Ce cas outrancier nous conduit à nouveau à pointer la responsabilité des professionnels de la télévision et de leurs partenaires. Mais il nous invite aussi à nous interroger sur notre responsabilité d’adultes citoyens. Nous qui côtoyons les enfants dans leur quotidien, nous qui assumons des fonctions d’accompagnement, d’éducation, de soins, que faisons-nous devant cette atteinte à l’enfant et au monde de l’enfance ? Pourquoi fermons-nous les yeux devant ces innombrables heures d’antennes pendant lesquelles défilent des personnages grotesques portés par des scenarii aussi pitoyables les uns que les autres ?

Cessons de nous désintéresser des programmes et chaînes jeunesse, arrêtons de feindre l’ignorance. Au contraire réagissons ! Essayons de mieux connaître les univers télévisuels proposés aux enfants pour faire entendre nos voix auprès des décideurs professionnels et politiques. Faisons en sorte que l’article 17 de la Convention internationale des droits de l’enfant soit respecté. Peut-être alors pourrons-nous espérer la télévision de qualité à laquelle les enfants ont droit.

Article 17

Les États parties reconnaissent l’importance de la fonction remplie par les médias et veillent à ce que l’enfant ait accès à une information et à des matériels provenant de sources nationales et internationales diverses, notamment ceux qui visent à promouvoir son bien-être social, spirituel et moral ainsi que sa santé physique et mentale. A cette fin, les États parties :

Encouragent les médias à diffuser une information et des matériels qui présentent une utilité sociale et culturelle pour l’enfant et répondent à l’esprit de l’article 29 ;

Encouragent la coopération internationale en vue de produire, d’échanger et de diffuser une information et des matériels de ce type provenant de différentes sources culturelles, nationales et internationales ;

Encouragent la production et la diffusion de livres pour enfants;

Encouragent les médias à tenir particulièrement compte des besoins linguistiques des enfants autochtones ou appartenant à un groupe minoritaire;

Favorisent l’élaboration de principes directeurs appropriés destinés à protéger l’enfant contre l’information et les matériels qui nuisent à son bien-être, compte tenu des dispositions des articles 13 et 18.